Urbanisme
Respecter la loi ZAN et le SCOT Tarentaise.
Faire jouer le droit de préemption des maires pour acheter les maisons ou bâtiments pouvant être densifiés pour permettre le logement des jeunes de la vallée.
L'urbanisme doit être optimisé avec une densification pour réduire la demande de transport et faciliter la mise en place de transports en commun et offrir de l'hébergement à l'année.
Limiter strictement le nombre de locations à la semaine via des plateformes.
Adapter les logements trop grands du parc HLM
Bornes de recharge pour les vélos et les voitures
La construction puis le chauffage des bâtiments constituent une source majeure d'émissions de GES :
o Une construction en bois plutôt qu'en béton permettrait une forte réduction des impacts. Cela passe par l’auto rénovation et surtout la mise en place d'un réseau d’entreprises compétentes. Des incitations sont possibles comme la dispense de taxe foncière durant deux années après travaux. Ces évolutions doivent s'intégrer dans le redéveloppement d'une filière bois en Tarentaise.
o Une très bonne isolation apporte confort et économie. Elle est essentielle pour la rénovation du parc de "passoires thermiques" sans oublier le confort d'été, même en station.
Le morcellement des parcelles pose des problèmes aux agriculteurs lors de la fauche. Il pose des problèmes aujourd’hui pour la gestion de nos forêts, des vergers et des vignes.
Une bonne gestion du foncier agricole ou forestier devrait conduire à des échanges de parcelles ou à leur vente, ou encore à une gestion globale par une association de propriétaires. On voit actuellement la difficulté à gérer les parcelles scolytées ainsi que les difficultés rencontrées par ceux qui voudraient trouver des surfaces cultivables pour faire du maraichage .
Energie
Participer activement à l’élaboration et l’adoption par la Tarentaise d’un plan air climat énergie.
Mettre en place un plan alimentaire territorial.
Eteindre l’éclairage public la nuit de 22h à 6h
Aider les personnes isolant leur logement par une prime municipale et/ou par une réduction des impôts fonciers.
Imposer pour les nouveaux bâtiments le recours aux Energies renouvelables.
Utiliser le bois scolyté des parcelles privées pour produire des plaquettes forestières ou des pellets.
Demander à la population et aux touristes des efforts soutenus en matière de tri sélectif. Cas des logements touristiques, où le remboursement de la caution doit être conditionné à l’usage du sac dédié au tri sélectif
Il y a une grande marge de développement pour l’énergie solaire photovoltaïque en Tarentaise. Nous devons pleinement nous saisir de cette possibilité de verdir la production et l’utilisation d’énergie locale. L’autoconsommation collective est un levier pour favoriser son expansion.
De plus le chauffage solaire thermique est particulièrement adapté à nos territoires et peut être partiellement imposé - et aidé - et par les collectivités :
o Avec l'altitude, la saison de chauffage va rester longue, augmentant d'autant la rentabilité d'un chauffage solaire.
o La montagne, au moins dans le climat actuel, est particulièrement ensoleillée durant l'hiver, rendant le chauffage solaire d'autant plus performant. Il y a davantage de rayonnement en altitude qu’en plaine.
o La mise en place de chauffe-eau solaire doit devenir quasi systématique par exemple en favorisant les commandes groupées.
Ce développement du solaire thermique est cohérent avec le quadruplement du parc de capteurs solaires installés comme proposé par l'État. Les collectivités possèdent d'importants moyens pour faciliter ce développement - et celui d'une économie locale - par la réglementation (notamment dans le neuf) et l'incitation, par exemple avec des subventions dans l'ancien.
L’optimisation de la grosse et moyenne hydroélectricité tout en respectant bien sûr l’état des cours d’’eau en aval de ces installations. Toutes les centrales datant des années 1950 devraient voir leur rendement augmenter en rénovant les turbines et les générateurs.
Le développement de pompes à chaleur géothermiques permettrait une forte économie à long terme.
Tri sélectif
Demander à la population et aux touristes des efforts soutenus en matière de tri sélectif. Cas des logements touristiques, où le remboursement de la caution doit être conditionné à l’usage du sac dédié au tri sélectif. Informer régulièrement touristes et habitants sur la qualité du tri, les taux de recyclage et la part incinérée...
Transports
Créer des pistes cyclables. Favoriser l’utilisation du vélo. Prévoir des parcs de location comme dans les grandes villes à un tarif abordable.
Prévoir un réseau de transport public à l’échelle Tarentaise s’appuyant sur la voie ferrée. Avec dans les gares des locations de vélo ou de petites voitures électriques. Viser un tarif très accessible.
Liaison Aime Moutiers par piste cyclable à réaliser en urgence !
Développer l’autopartage de voitures électriques. Pourquoi ne pas proposer les véhicules de service des municipalités à la location durant les jours où ils ne sont pas utilisés ?
Le renoncement à l'avion
Cette mesure peut être rapidement et facilement mise en œuvre et représente une réduction de plus de 30 % des émissions :
o L'avion ne correspond qu'à 15 % de fréquentation pour l'essentiel en provenant d'Europe (Grande Bretagne, Pays Bas, Belgique…) qui peuvent se reporter sur d'autres modes de transport, tous moins polluants.
o La clientèle extra européenne ne représente que quelques % de la fréquentation mais est extrêmement polluante. Ainsi à la Clusaz, 2 % de la clientèle (qui vient en long courrier) représente 33 % des émissions de la station ! Cette faible fraction de la clientèle serait perdue… mais l'Europe offre à portée de train toute la clientèle nécessaire à l'activité de nos stations. L'impact économique serait donc très faible dans un contexte de saturation des domaines skiables.
o Ce résultat peut être obtenu "facilement" par la fermeture des aéroports à vocation uniquement touristique (en particulier celui de Chambéry) et par le renoncement aux charters des neiges à Lyon ou Genève.
Le développement du train est essentiel pour permettre l'arrivée de la clientèle. Elle nécessite une réorganisation d'ensemble et l'acquisition de matériel avec :
o Le développement de trains de nuit depuis toute l'Europe. Cette activité a été abandonnée alors qu'elle offre une capacité de transport importante.
o La création de lignes directes par TGV depuis les grandes villes européennes.
o L'étalement des trajets et des séjours (avec la fin du "Samedi", comme le souhaite 97 % de la clientèle).
o La création de prestations haut de gamme pour diversifier l'offre et l'harmoniser celle proposée en Tarentaise. D'autre part il est nécessaire de proposer des offres complètes de porte à porte.
o La voie unique de Tarentaise limite la capacité d’acheminement journalière par le train mais est actuellement largement sous employée !
La réduction de la place de la voiture avec la mise en place de mode de transports alternatifs :
o La mise en place d'un réseau de transport qui s’appuie sur la voie ferrée : circulation cadencée de trains et correspondance pour les stations ou les destinations fréquentées.
o Poursuite du développement du covoiturage facilité par les applications qui existent déjà comme BlablacarDaily avec indemnisation des chauffeurs en Savoie.
o Localement l'offre de transport sera organisée autour d'ascenseurs valléens. La complémentarité avec le train et le réseau de transport local étant gage de succès comme envisagé par la station de la Plagne. A titre d'exemple, le funiculaire entre Bourg Saint Maurice et les Arcs connaît un succès réel et vise le million de voyageurs annuel. La volonté politique, a permis la création d'une vraie complémentarité et une augmentation décisive des déplacements trains + funiculaire. Un tel fonctionnement est exemplaire dans l'organisation de la décarbonation de la pratique du ski. Faire de très grands parkings au départ d’un ascenseur valléen est contreproductif : c’est une incitation pour que les touristes y accèdent en voiture. Par contre, la mise à disposition de parkings spécifiques pour les voiturettes (ou type "kei cars") constituerait une forte incitation à la réduction de la taille et du poids des voitures.
Le développement de modes de transport doux est un maillon indispensable de cette transition :
o La voie verte de Tarentaise doit être terminée pour faciliter le recours au vélo notamment dans le tronçon Aime Moutiers mais doit s'intégrer un dans réseau en lien avec les autres modes de transport.
o Le "produit vélo" doit s'intégrer dans l'offre touristique. En complément de la "Via 3 Vallées" les grands cols peuvent être réservés aux modes doux une journée entière chaque semaine en ménageant malgré tout, la circulation locale. C'est un exemple de la diversification touristique tant attendue.
o Le vélo électrique est parfaitement adapté au relief et devra être intégré dans les nœuds intermodaux.
EAU
Faire connaitre la consommation moyenne par habitant dans la commune. Demander aux gros consommateurs de faire des efforts.
Attention aux résidences qui reçoivent un grand nombre de personnes et qui sont soumises à une réglementation particulière.
Protéger ou faire respecter les zones humides. Compléter les inventaires réalisés dans le cadre du contrat de bassin versant.
Lutter contre les prélèvements abusifs dans les cours d’eau.
Prévoir des débits réservés largement supérieurs aux 10% prévus par la loi lors d’aménagements …
Faire savoir à la population qui gère quoi ! (Eau potable, eaux usées, inondations…)
Gestion de l’énergie et gestion de l’eau
On ne peut pas découpler les deux réflexions dans la mesure où il faut satisfaire des besoins multiples et contradictoires : produire de l’hydroélectricité, refroidir les centrales nucléaires, enrayer le déclin de la biodiversité et finalement arbitrer entre tous les « besoins en » eau ….
Qualité de vie
Demander aux polices municipales de verbaliser les deux roues ou les quads qui ne respectent pas les normes sonores en particulier les WE.. Il existe de nombreux types de vélos électriques que les parents devraient privilégier par rapport à la « mob »… Les polices municipales pourraient-elles intervenir ? Où en est l’embauche de gardes champêtres ?
Verdir les centres-villes, rendre les sols perméables, laisser de l’espace aux piétons. Limiter le recours au bitume… Dégoudronner les cours d’école voire une partie des parkings.
Bio dans les cantines, repas végétariens. Chaque restaurant devrait proposer un menu végétarien
Une programmation culturelle à l’échelle intercantonale parait nécessaire. Un site internet rassemblant l’offre Tarentaise également.
Sites naturels
Protéger strictement les derniers sites naturels de la vallée. En permettant l’activité agricole et une activité chasse raisonnable. Pas de chasse au tétras par ex.. Veiller à la protection des sites glaciaires.
Limiter la circulation motorisée dans les sites naturels. Encadrer la desserte des chalets d’alpage.
Repenser le tourisme estival qui est basé aujourd’hui sur des déplacements massifs en voiture ou en moto… Tout ce qui a été dit au sujet de l’hiver s’applique également à l’été. Il faudra compléter le réseau de transports collectifs hivernal par d’autres liaisons disponibles en été sur les cols par exemple ou bien pour les départs de randonnée. Il faudra sans doute réfléchir aux activités nouvelles, aux lieux de pratique et à l'information associée.
Agriculture et forêt
Favoriser le regroupement des parcelles pour favoriser la fauche mécanisée.
Veiller à développer le maraichage en prévoyant la mise à disposition de terrains appropriés.
Mettre en place un plan alimentaire territorial.
Veiller à la remise en état des vergers et des vignes.
Limiter la taille des troupeaux de vaches…. ??
Lutter contre la bugna d’orient et informer la population sur les plantes invasives..
Maintenir les élevages d’ovins et caprins qui contribuent à l’entretien des abords des villages.
Une alimentation moins carnée est indispensable pour réduire les émissions de GES. Cela passe par un changement des habitudes alimentaires. C'est une source d'économie et de santé pour les foyers. Le maraichage local peut être développé et encouragé sur de nombreuses communes. Les vergers doivent être rénovés par la taille des vieux arbres ou la plantation de nouveaux arbres et contribuer à l’alimentation locale en fruits.
L'élevage en Tarentaise est plutôt vertueux grâce à une faible densité de vaches à l'hectare. Des progrès restent souhaitables :
o Développer les installations en bio.
o Réfléchir à la méthanisation des fumiers et des déchets agricoles pour savoir où cela parait possible.
o Expérimenter l’ajout de graines de lin dans l’alimentation du bétail pour faire baisser les émissions de méthane.
o Couvrir les fosses à lisier et adapter les techniques d’épandage pour limiter les émissions de méthane et d’ammoniac.
o Attention aux prélèvements illégaux sur de nombreux cours d’eau.
L'effondrement des puits de carbone constitue un problème crucial à moyen terme, remettant en cause la possibilité d'atteindre la neutralité carbone. Il convient de reboiser afin de stocker du carbone avec des essences adaptées au changement climatique et résistantes aux scolytes. L'entretien de la forêt et de l'ensemble de ses services éco systémiques est essentiel mais butte sur le fractionnement du foncier privé.
Gouvernance
Informer régulièrement la population des décisions qui sont prises par le conseil municipal et par la communauté de communes et par l’APTV. Beaucoup de décisions stratégiques pour la vallée sont prises au niveau des communautés de communes et de l’APTV. Il est indispensable que tous les débats soient résumés dans les conseils municipaux.
Créer un conseil citoyen dans chaque commune ou communauté de communes.
Indiquer clairement les compétences communales, celles de la communauté de communes et celles de l’APTV.
Il y a un enjeu très fort au sujet de la gouvernance en matière de mobilité. Il parait nécessaire de gérer ce domaine à l’échelle de la vallée. Cela implique que chaque com com se dote de cette compétence et qu’elle soit ensuite transférée à l’APTV : création d’un nouveau syndicat mixte dédié à cette compétence ou bien modification des statuts de l’APTV avec regroupement de toutes les com com au sein de l’APTV.
Qualité de l’air
Dans notre vallée la qualité de l’air n’est pas si bonne que notre image montagnarde pourrait le laisser penser. Deux causes principales : une circulation routière intense durant l’hiver et l’été. Le recours au chauffage au bois pour alléger sa facture énergétique. L’utilisation de bois buche est acceptable si on utilise un poêle moderne à haut rendement. Un modèle à pellets pollue cent fois moins !!! L’usage des foyers ouverts est à proscrire. Différentes entreprises artisanales se chauffent via la sciure produite ou avec ces chutes de bois, mais la pollution associée semble mal contrôlée alors qu’elle est de la responsabilité des communes.
La pollution automobile devrait baisser si l’on arrive à électrifier progressivement le parc. Il parait inévitable d’aller vers des voitures électriques mais leur prix et leur taille doivent impérativement baisser. La mise en autopartage des véhicules communaux pourrait avoir une vertu pédagogique.
Les moteurs diesels produisent beaucoup de dioxyde d’azote : gaz toxique et à effet de serre. Il réagit (en simplifiant) avec l’oxygène de l’air pour donner de l’ozone qui à notre échelle est un gaz irritant pour nos bronches et néfaste pour le développement de la végétation…Il arrive souvent que les concentrations atteintes en été rendent l’activité physique déconseillée…
Les activités industrielles et artisanales contribuent évidemment à la pollution de « l’air pur de nos montagnes ». Elles aussi doivent faire des efforts et être contrôlées.
Santé
Il y a une bonne dizaine d’années le départ à la retraite de nombreux médecins avait soulevé une grande inquiétude. Nos élus successifs à travers l’APTV ont souscrit un contrat local de santé (CLS), proposé par l’Etat, qui a permis l’embauche d’une personne dédiée à de l’animation et l’attribution de moyens financiers. Cela a permis l’ouverture de plusieurs maisons de santé et la mise en place de deux commissions rassemblant les professionnels de santé de Tarentaise. L’existence de ces structures a permis d’attirer finalement beaucoup de jeunes médecins qui apprécient de pouvoir se concerter et travailler en équipe. Tout n’est pas rose pour autant : la population vieillit, certains jeunes souffrent d’isolement, de nombreux spécialistes sont difficiles d’accès.. Ce travail mérite d’être poursuivi et mieux connu de tous les élus et des habitants.