L’association Vivre en Tarentaise n’a pas pu participer à la réunion publique d’information dévolue à la présentation du projet.
En ce qui concerne le déroulement des JO dans les Alpes notre association n’a jamais été enthousiaste. Elle considère que le modèle actuel est déconnecté des enjeux climatiques qui imposent de faire évoluer le tourisme montagnard et qui permettront de moins en moins de skier.
L’afflux de participants et de visiteurs provenant de pays éloignés se fera évidemment en avion avec des émissions massives de CO2 alors qu’une grande partie de l’Europe est soumise à une canicule historique…
Est-ce que l’on peut compter d’ici 2030 sur un développement massif des trains de nuit et des TGV à travers l’Europe et à destination de la Tarentaise , alors que nous venons d’apprendre qu’il faudra attendre 2032 pour qu’un train circule toutes les heures entre Albertville et Bourg Saint Maurice ? Est-ce que l’on travaille sur l’étalement des départs et arrivées de nos visiteurs sur toute la semaine afin de pouvoir acheminer une grande partie des skieurs en transport collectif ? Ouvrons les yeux le défi est énorme : un TGV peut transporter environ 1000 personnes alors que l’on peut difficilement recevoir plus de 25 trains par jours dans notre vallée. En 1992 il y avait un train toutes les demies heure et des trains de nuits. Pour acheminer 200 000 visiteurs, il faudrait donc 200 trains de 1000 touristes… D’où la nécessité d’envisager l’étalement !
Notre association n’a pas la prétention de peser dans un débat qui la dépasse tellement les enjeux de pouvoir, politiques, d’argent, d’image et de compétition sont évidents.
Elle peut rappeler que la piste de bob date des JO de 1992 où elle fonctionnait à l’ammoniac gaz toxique. A l’époque le site était classé SEVESO et la population peu informée. Ce gaz a été remplacé depuis par un fluide frigorigène moins dangereux et c’est une bonne chose. Il est bien sûr préférable de réutiliser les installations existantes, mais il faut noter que différents travaux doivent être menés pour qu’elle soit utilisable dans les conditions d’aujourd’hui. Le site dans sa version actuelle est utilisé comme parc d’attraction et c’est même sa fonction essentielle tant le nombre de pratiquants est faible en France. Durant de longues années de contribuable savoyard a été sollicité pour maintenir à flot cet équipement.
Il serait bon de présenter le bilan d’exploitation du site dans sa version actuelle pour que l’on sache combien il nous coûte chaque année. Et bien sûr combien il risque de nous coûter à l’avenir !
La fameuse piste de Bob est un élément « identitaire » pour la station de la Plagne et nous en sommes conscients. Mais tôt ou tard cette image devra évoluer. Alors pourquoi ne pas prioriser nos efforts sur la transition du tourisme en montagne plutôt que sur le maintien d’un équipement qui deviendra rapidement désuet ?