Les sommets concernés sont le Miravidi, le Ruitor, l’Archeboc, la Pointe des Mines et la Pointe de Bazel. Cette pratique est tellement fréquente que des bosses apparaissent dans certaines voies … La plupart des descentes de déroulent sur le versant français. Les clients sont le plus souvent repris au pied des pentes pour éviter tout portage. Ces sommets, qui comptent parmi les plus prestigieux de notre vallée, sont bien sûr également fréquentés par des randonneurs de plus en plus nombreux. Ils nécessitent un certain engagement physique. Inutile de s’attarder sur la déception qui attend nombre de jeunes (ou moins jeunes) montagnards confrontés après de nombreuses heures d’efforts à de multiples déposes héliportées.
Chacun sait que la montagne française a perdu une partie de sa clientèle au cours des dernières années. Les raisons sont multiples, mais il nous paraît clair que la seule voie durable pour une reconquête du public passe par une plus grande valorisation de nos paysages, de notre patrimoine, du silence, du goût de l’effort, de la solidarité entre montagnards.
Nous nous adressons à vous, car cette situation est difficile à régler à court terme par la voie réglementaire. Nos associations ont la naïveté de penser qu’une prise de conscience collective est nécessaire pour restaurer l’image des montagnes françaises. La pratique des loisirs motorisés génère bruit et pollution, dégrade notre environnement et conforte l’idée que l’argent et des moyens mécaniques permettent à une petite minorité de s’approprier des pans entiers de nos territoires de rêves.
Chaque profession doit évidemment s’adapter aux évolutions de nos sociétés, mais l’actualité nous ramène chaque jour à l’effet de serre, à la fin du pétrole, à la pollution atmosphérique, à la fonte des glaciers…
Aussi, il nous paraît évident que la petite minorité de guides ou de moniteurs qui organise ces déposes contribue à brouiller l’image déjà bien écornée de nos massifs montagneux. Comment parler de ressourcement ou de recherche d’authenticité dans ces conditions ?
Les associations signataires, invitent donc l’ensemble des professionnels de la montagne à faire preuve de discipline et de discernement. Elles souhaitent que toutes les personnes concernées par l’avenir du tourisme montagnard puissent participer à une action collective de reconquête axée sur le silence, le partage, le respect des autres, le patrimoine et la qualité des paysages. La montagne n’est–elle pas un lieu idéal pour développer la notion d’éco-citoyenneté ?
En espérant que notre courrier aura retenu toute votre attention, nous vous adressons, Madame la Présidente, nos sincères salutations.
Au nom des associations, le Président de Vivre en Tarentaise Alain Machet