Notre structure a appris tardivement le déroulement de l’enquête publique consacrée au projet de microcentrale sur le torrent du Bayet à Rognaix/Saint Paul en Tarentaise. Elle n’a pas pu prendre tout le temps nécessaire à l’étude complète de
ce dossier. Elle tient néanmoins à souligner quelques points qui ont retenu son attention.
1°) Le débit réservé prévu est de l’ordre de 20 % du module annuel. Ce point est pour nous très important car il est relativement exceptionnel qu’une telle valeur soit retenue. C’est donc un point positif pour ce dossier.
2°) On retient également la présence avérée de la Crossope aquatique sur les rives du torrent et le suivi décidé pour cet animal menacé. Il serait intéressant que les résultats du suivi soient diffusés auprès du monde associatif.
3°) Dans la famille des odonates, le cordulégastre bidenté a été repéré à plusieurs reprises dans les alentours du cours d’eau. Est-ce qu’un suivi de cet odonate est prévu également ?
4°) Enfin la rivière abrite de nombreuses truites communes ce qui confirme sa qualité en matière halieutique,
y compris dans la partie comprenant des obstacles à la montaison.
Ces trois derniers éléments montrent que ce torrent de montagne est de grande qualité et qu’il aurait sans doute été préférable de le laisser vivre sa vie sans aménagements supplémentaires quand on connait le degré d’artificialisation des torrents de Tarentaise. Faut-il rappeler que la partie avale du cours d’eau est déjà artificialisée par une microcentrale en exploitation.
5°) Page 6 du résumé non technique du projet figure une modélisation de la prise d’eau. Nous conseillons un parement en pierre locale pour masquer les murs de béton envisagés qui dénaturent le paysage.
6°) L’autorisation demandée est souhaitée pour 50 ans et cela parait bien trop important compte tenu de l’évolution éventuelle du débit du torrent face aux changements climatiques. La valeur de 20 ans nous semblerait plus raisonnable.
7°) Il semble qu’aucun bilan carbone des travaux envisagés n’ait été réalisé. Pourtant les déboisements, le fonctionnement des engins de terrassement, la fabrication et le transport du béton nécessaire aux aménagements, la fabrication de la conduite en acier de plus d’un kilomètre ne sont pas neutres en émissions de dioxyde de carbone. Ce bilan devrait pourtant être un élément d’appréciation essentiel pour juger de la pertinence de ce projet d’un point de vue « énergétique ».
Compte tenu de la valeur naturaliste du cours d’eau et de l’absence de bilan énergétique des travaux envisagés, notre association émet un avis négatif sur ce projet.