L’association Vivre en Tarentaise dispose depuis trois ans d’une station de mesure de la pollution atmosphérique.
A l’origine elle était sensée mesurer les concentrations en particules fines, en ozone, en dioxyde d’azote et en ammoniac. La sonde mesurant les oxydes d’azote n’était pas adaptée aux valeurs rencontrées dans nos villes. Nous n’avons pas pu évaluer ce paramètre très dépendant de la circulation automobile et en particulier des moteurs diesel.
Nous avons pu mesurer durant plusieurs étés les concentrations en ozone. Il est apparu que les valeurs mesurées étaient nettement supérieures aux recommandations de l’OMS. Parfois les valeurs mesurées sont incompatibles avec la pratique d’une activité physique… Cette pollution est liée à la présence des oxydes d’azote émis par les véhicules et est présente à grande échelle sur les massifs alpins. Le rayonnement ultraviolet est plus intense en altitude et explique une augmentation des taux ..Cette pollution ne pourra sans doute pas être combattue efficacement tant qu’il y aura des moteurs diesels… Mais elle doit être prise en compte par les personnes fragiles séjournant dans nos montagnes.
L’ozone accentue tous les problèmes respiratoires. On peut s’interroger sur la coexistence de cette pollution et l’organisation de trails en altitude nécessitant une dépense physique peu commune…
Notre capteur de particules fonctionne bien et les valeurs mesurées sont compatibles avec les modèles mathématiques du réseau ATMO.
Il apparait au fil des mesures que la pollution aux particules fines est trop présente en hiver. Il arrive que durant plusieurs semaines les valeurs fixées par les normes européennes ou les recommandations OMS soient dépassées. Ces « normes » s’entendent comme des "moyennes annuelles". Il est clair que si on fait une moyenne sur l’année, les taux observés en Tarentaise sont corrects. Mais vivre durant plusieurs semaines dans une atmosphère polluée a sans doute un impact sur la santé des plus fragiles. Nous avons constaté des dépassements à Moutiers, à Aime, à La Léchère, aux Plaines (ND du pré). Ces teneurs élevées en particules fines sont dues principalement au chauffage au bois qui reste très fréquent dans nos vallées. Durant les week-ends de grande migration on n’observe pas d’augmentation significative des taux de particules en hiver. Ce phénomène est présent dans de nombreuses vallées alpines et a conduit certaines municipalités à encourager le remplacement des foyers ouverts par des inserts fermés et performants.
Une large marge de progression existe en favorisant l’utilisation des poêles à granulés plutôt qu’au bois buche…(Beaucoup moins polluants..) Les nouveaux poêles ont un rendement nettement supérieur aux anciens mais sont nettement plus chers… Dans la vallée de l’Arve, l’Etat, l’ADEME, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de la Haute-Savoie et les collectivités locales ont mis en place en 2013 l’aide financière du Fonds Air Bois pour que les citoyens puissent rénover leurs anciennes cheminées ou inserts, ou équiper leur habitation principale d’un nouveau système de chauffage au bois. Pourquoi ne pas mettre en place une aide financière identique en Tarentaise ? Enfin il serait bon de communiquer au sujet de l’allumage du feu « à l’envers ». On met du gros bois en dessous, puis du bois moyen et enfin du petit bois que l’on enflamme avec un petit cube de bois. Ce type d’allumage ne dégage presque pas de fumée contrairement à ce qui se pratique depuis des siècles… Il faut garder à l’esprit que le nombre de décès annuels attribués aux particules fines en France est de l’ordre de 40 000…
Le bois buche évidemment provient souvent de bois prélevé dans des forêts locales et ne coute rien aux propriétaires des bois. L’utilisation des « pellets » serait facilitée s’il était possible de transformer localement le bois buche …
Il existe des machines pour fabriquer des plaquettes.
Au sujet de l’ammoniac provenant de l’élevage, on observe des pics ponctuels mais élevés à chaque campagne d’épandage de lisier. Est-ce que les éleveurs sont soumis à des valeurs trop élevées ? Par exemple durant la traite et le nourrissage du bétail ?