L’association Vivre en Tarentaise souhaite vivement que la procédure de classement du vallon du Clou aboutisse à la protection intégrale du vallon.
En effet, la municipalité ne cache pas son intention d’implanter une ou plusieurs remontées mécaniques dans cette haute vallée. Pour en avoir confirmation, il suffit de se reporter au numéro du journal « La Savoie » daté du 11 décembre 2009.
Le dernier arrêté UTN du 12 janvier 2005 (arrêté n° 2005-10) concernant cette commune mentionne l’objectif de l’Etat de protéger ce vallon. Cette volonté se trouve confirmée dans le projet de Directive Territoriale d’Aménagement des Alpes du Nord soumis à consultation (texte page 80, liste des paysages protégés Annexe1 page 94). Parallèlement, la mise en place de zones de tranquillité, de la Trame Verte et Bleue du Grenelle de l’Environnement, de corridors biologiques ne pourra pas laisser de côté ce secteur majeur proche à la fois du Parc national de la Vanoise et de celui du Grand Paradis.
Faut-il rappeler que ce vallon est le siège d’une activité agricole importante, qu’il abrite une zone « Natura 2000 », qu’on y trouve différents lacs d’altitude qui témoignent des stades d’évolution de ces formations postglaciaires. Le glacier suspendu des Mines est célèbre, il surplombe un glacier rocheux qui mériterait d’être mieux connu. Cette vallée constitue l’un des passages les plus aisés pour rejoindre à pied l’Italie voisine.  Tous ces atouts font que le vallon du Clou est une destination de choix pour les amateurs de randonnée à pied ou à skis. Il pourrait sans doute jouer un rôle important à l’avenir dans le rééquilibrage nécessaire de l’image de la Tarentaise, très marquée par le tourisme d’hiver et ses aménagements lourds.
Le milieu associatif s’est montré relativement patient et compréhensif avec la commune de Sainte Foy Tarentaise. Il n’a pas essayé de retarder, par une action juridique, la mise en place de remontées mécaniques sur la crête de la Marquise lors de l’UTN de 2005. De la même façon, il ne s’est pas opposé aux travaux qui se sont déroulés l’été dernier entre le col de l’Aiguille et la prise d’eau du Clou pour alimenter les canons à neige de la station. L’autorisation UTN de 2005 était sensée permettre à la commune d’équilibrer les comptes de la régie des remontées mécaniques. C’est pourquoi le milieu associatif tout en considérant la perspective de classement du vallon a considéré qu’un « compromis » avait été trouvé avec la commune.
La commune s’appuie souvent sur le fait qu’une autorisation UTN en 1990 avait envisagé le principe de mettre en place des remontées dans ce vallon. Mais outre qu’il devait y avoir confirmation ultérieure de cette autorisation, cet arrêté a été cassé par le tribunal administratif de Grenoble un an après. Donc cet argument ne tient pas.
L’équipement de la pointe de la Fogliettaz en remontées transformerait de fait le vallon de Mercuel en piste de descente. Autrement dit classer tout le vallon du Clou permet également de mettre à l’abri le vallon voisin de Mercuel de la présence massive de skieurs hors piste. En souscrivant à la demande des élus de Sainte Foy on sacrifierait de fait l’avifaune très riche du vallon de Mercuel. Quand certains avancent que le nombre d’hectares nécessaires pour réaliser les remontées mécaniques envisagées est faible, il ne faut pas oublier d’y ajouter la surface de l’immense vallon de Mercuel.
Malheureusement la collectivité directement concernée maintient sa volonté d’étendre l’artificialisation de son patrimoine naturel et paysager. C’est pourquoi il nous semble important que l’Etat assume ses responsabilités et fasse valoir l’intérêt général qui commande à notre sens de préserver l’intégrité de cette haute vallée. Il est probable que l’avenir touristique de la Tarentaise à moyen terme soit lié à la mise en valeur des principaux sites remarquables qu’elle abrite. Le vallon du Clou en constitue l’un des fleurons à l’évidence. Il nous paraît évident que la présence de câbles et de pylônes dans une partie du vallon porterait gravement atteinte à sa valeur.    
Les réflexions qui s’engagent en Tarentaise pour élaborer un Schéma de cohérence territorial devront évidemment aborder la question  de la protection des sites remarquables qui ne bénéficient à ce jour d’aucune mesure administrative. Dans ce cadre la protection du vallon du clou aurait été abordée, comme celle d’autres sites majeurs de la vallée. Il paraît souhaitable que lors de cette procédure SCOT la question de la mutualisation des ressources économiques des sites touristiques soit posée et permette le cas échéant à la commune de Sainte Foy de mieux valoriser son patrimoine extraordinaire.