vautourDans un précédent article, il était question de l’apparition des vautours fauves dans le ciel savoyard à la belle saison.
Cette présence s’est renforcée ces deux derniers étés notamment dans les vallées des Encombres et du Nant Brun, d’autres secteurs étant bien sûr prospectés par ces grands charognards, comme le Mont Bellachat en Lauzière.
En octobre 2010, un comptage au « dortoir » a été organisé. Il faut entendre par « dortoir », un secteur ou ces oiseaux se rassemblent pour passer la nuit.
Cette opération a été reconduite le 16 août 2011 rassemblant des agents du PNV, de l’ONF, de l’ONCFS et des bénévoles ornithologues du CORA 73.
Un dortoir a été confirmé dans les Encombres, une centaine d’oiseaux étant recensés ce jour là.
Quelques vautours moines sont également signalés.

La polémique concernant des prétendues prédations de la part des vautours fauves sur les troupeaux d’ovins et de bovins s’est accrue elle aussi; des responsables de syndicats agricoles se chargeant de pointer du doigt de nouveaux « nuisibles ».

Une vache en train de mettre bas dans le secteur de Saint Colomban les Villards au début de la saison d’estive a fait la « une » de la presse locale. Les vautours ont effectivement consommé le veau; était-il mort-né ? La vache a du être abattue car emportés dans leur élan les vautours ont blessé la vache gisante au niveau du postérieur. Il faut préciser que la vache était dans l’impossibilité de se relever suite à la mise-bas. Ce fait divers exceptionnel ayant été repris plusieurs fois par la presse, certaines personnes ont pu penser que les attaques s’étaient multipliées ...

Heureusement dans d’autres espaces, notamment la vallée des Encombres, les avis concernant les vautours sont plus tempérés: un alpagiste reconnaissant l’intérêt des vautours dans leur rôle d’éboueurs naturels, le « nettoyage » d’une vache par ces derniers ayant évité de faire appel à l’équarisseur.
Un berger conduisant un troupeau de 1500 brebis n’a constaté aucune agressivité de la part des « fauves » (cette appellation vient de leur couleur) depuis trois ans qu’ils fréquentent son vallon.

C’est souvent la méconnaissance de la biologie et du comportement de ces animaux qui leur cause du tort. Les réintroductions qui se sont déroulées dans les Baronnies, le Vercors et les gorges du Verdon, depuis une vingtaine d’années, ont été accompagnées d’information et de sensibilisation auprès de publics très variés : éleveurs, touristes, professionnels de l’environnement…..

C’est certainement ce qui manque encore en Savoie ou les vautours ont trouvé des conditions favorables à leur estive ...