Suite aux observations réalisées cet été 2009 dans nos vallées de Tarentaise et les confusions qu’elles ont pu entraîner, on peut constater qu’effectivement, l’espace aérien a bien été occupé par les vautours fauves. C’est la première fois depuis environ six ans, qu’ils stationnent ou passent en si grand nombre.

Cette occupation n’est que temporaire car ces grands voiliers d’environ 2,80 m d’envergure pour un poids de 8 kilos vont rejoindre leurs quartiers d’hiver qui sont aussi leurs lieux de reproduction : gorges du Verdon, Baronnies, col du Rousset (sud Vercors) et gorges de la Jonte et Tarn.

 

Ces observations mentionnent souvent plusieurs individus en même temps, rarement un individu isolé, ce qui est normal chez une espèce bien connue pour son grégarisme. En effet, les vautours fauves prospectent un territoire à plusieurs, en gardant un contact visuel, ceci afin d’augmenter leurs chances de trouver pitance. C’est une question de survie pour cet oiseau, bien mal équipé pour mettre à mort un animal (il n’a pas les serres de l’aigle royal) mais doté d’une vision exceptionnelle.

Le vautour fauve est donc un charognard strict, comme son proche parent le gypaète barbu et les deux autres vautours qui fréquentent le ciel Rhône-alpin : le percnoptère d’Egypte et le vautour moine.

Ce dernier, bien plus rare que le fauve, a été observé cet été en Savoie (dans les Bauges en autre) accompagnant des fauves.

Pourquoi des « fauves » dans le ciel savoyard ? Eradiqués des Alpes françaises au 19 ème  siècle par le poison et le fusil, ils ont survécu dans la partie occidentale des Pyrénées. La réussite de la réintroduction de l’espèce dans les gorges de la Jonte et du Tarn au début des années 1980 a servi de tremplin à d’autres projets : réintroduction dans les gorges du Verdon de 1999 à 2004, dans les Baronnies de 1990 à 1999 puis au sud du massif du Vercors (Col du Rousset).

Des quatre espèces de vautours citées plus haut, seul le vautour percnoptère n’a pas fait l’objet d’une « réintro », mais on a assité à son retour spontané dans les environs immédiats des colonies de vautours  fauves. Ce petit vautour migrateur, il passe l’hiver en Afrique, complétant la liste des nécrophages que l’on peut observer sur une carcasse : grands corbeaux et corneilles, milans noirs et royaux, vautours fauves et moines ainsi que le gypaète barbu.

Le « fauve » possède des sucs gastriques très puissants lui permettant de digérer des chairs en décomposition. Il a donc un rôle d’éboueur à jouer, surtout dans les zones d’élevage d’accès difficile et/ou en présence de population d’ongulés sauvages .

Pour clore cette présentation sommaire, voici quelques critères d’identification. Au sol, le « fauve » correspond au vautour de la « BD » de Lucky Luke. En vol, les choses se compliquent un peu : de loin on pourrait penser, quand il est seul, à l’aigle royal ou au gypaète. Le meilleur critère étant sa queue très courte ainsi que le contraste entre les plumes sombres des ailes et  le reste du corps bien plus clair.

Enfin, en Tarentaise, les « spots » de l’été furent : la vallée des Bellevilles, secteur du Mont du Fut, 8 vautours le 18.09, la vallée des Encombres, le massif de la Lauzière, le col de la Madeleine et le secteur de Valmorel, 18 oiseaux le 17.08. Mais aussi le versant beaufortain de la Tarentaise avec 40 vautours au dessus du Fort de la Platte le 29.06.

A noter, un individu a séjourné courant juillet dans le secteur de Rosuel, aperçu quelques fois volant avec les gypaètes locaux.(com du PNV)


Merci aux collègues « ornithos » et aux autres pour ces infos.


Blanchin Hervé (CORA 73)