A Madame la Sous Préfète d’Albertville


Madame la Sous Préfète,

Nous avons l’honneur d’attirer votre attention sur la multiplication des hélistations en Tarentaise.
Il semble que chaque grande station de ski soit dotée d’au moins une aire de ce type. Il est de notoriété publique que de nombreuses personnes fortunées se font convoyer  vers nos stations à partir des différents aéroports proches. Chaque événement sportif sert de prétexte à la diffusion de vues aériennes qui ne semblent pas indispensables. Certains guides utilisent ce moyen de locomotion pour contourner la loi française qui interdit les déposes en altitude. Les « héliskieurs » sont amenés de l’autre côté de la frontière pour redescendre sur le versant français en troublant la faune et les amateurs de ressourcement qui progressent à la force du mollet … Différents propriétaires privés d’hélicoptères proposent également leurs services « aériens » sans s’occuper des nuisances générées pour les voisins.
Notre association comprend mal que les pouvoirs publics ne limitent pas davantage ce moyen de transport bruyant, polluant et pour tout dire indécent pour le citoyen de base.
Comment peut-on envisager de convaincre la population de la nécessité d’utiliser les transports en commun et d’investir des sommes importantes dans l’isolation des logements si une catégorie de personnes particulièrement aisée est non seulement dispensée de faire des efforts, mais est autorisée de fait à gaspiller du carburant et à multiplier les nuisances sonores. (50 rotations par jour envisagées sur les hélistations de Tignes et Val d’Isère alors que ces championnats du monde de ski sont supposés être exemplaires en matière d’environnement…)
De nombreuses réflexions sont menées actuellement pour faire face à différents enjeux : climatiques, énergétiques, évolution de l’offre touristique, gestion de l’espace montagnard, développement de l’écocitoyenneté : convention alpine, DTA, Scot, charte du PNV, plans climats énergie…
Il nous semble nécessaire d’aboutir à une cohérence entre toutes les mesures envisagées. Comment définir des zones de tranquillité si des aéronefs sillonnent sans arrêt et sans limitation nos massifs montagneux ? Comment tenter de faire respecter la loi 91.2 qui encadre la circulation des engins motorisés dans les espaces naturels si parallèlement le parc d’engins aériens se développe ?

Notre association souhaite vivement qu’une réflexion sur ce thème soit engagée par l’Etat afin de pouvoir maîtriser ce phénomène sans tarder. L’hélicoptère ne devrait-il pas être réservé pour l’essentiel aux secours et aux travaux en milieu d’accès difficile ? Il nous semble clair également qu’une éventuelle réglementation sera d’autant plus difficile à faire accepter que le nombre de pratiquants sera élevé…

Dans l’espoir que ce courrier retiendra votre attention, nous vous adressons Madame la Sous Préfète nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui commence.


Au nom de l’association, le président Alain Machet