L’association Vivre en Tarentaise regrette vivement qu’un article de loi permette d’autoriser la desserte des restaurants d’altitude situés sur les domaines de ski alpin. Cette évolution législative montre l’organisation et le poids de certains élus au sein de notre représentation parlementaire.
Elle craint que de nombreux débordements ne soient observés : nuisances sonores perceptibles sur de longues distances, divagation des engins motorisés sur l’ensemble du domaine skiable ou sur ses alentours, accidents...

Dérangement de la faune.
Tout cela ne peut conduire qu’à une dégradation du caractère de nos montagnes déjà bien écorné par les gros aménagements des domaines skiables. Cette loi n’aura-t-elle pas un effet contreproductif pour le public qui recherche des espaces calmes pour se ressourcer ? La justification « économique », avancée par une poignée de restaurateurs d’altitude, ne sera-t-elle pas au fond complètement erronée?
Quelle collectivité ou quelle administration pourra garantir que des gendarmes ou des policiers municipaux pourront veiller au bon respect des mesures d’encadrement prévues dans la nuit, le froid et l’altitude des domaines skiables? Quelle collectivité résistera à la tentation de satisfaire les demandes qui vont pleuvoir ?
Si les services de l’Etat ou les collectivités persistent à vouloir mettre en œuvre cette législation, il nous semble très important que la commission départementale des sites puisse émettre un avis sur les dérogations apportées à loi 91.2 du 3.01.91.
Il nous semble important également qu’un seuil limite, aussi bas que possible, soit apporté au niveau sonore des engins amenés à transporter les clients. 70 décibels mesurés à 5m de l’engin devraient être imposés aux transporteurs. L’agence régionale de santé de Rhône-Alpes ne vient-elle pas de retenir parmi ses priorités la lutte contre les nuisances sonores....Il faudrait vérifier évidemment que les gendarmeries et les polices municipales sont dotées de sonomètres et sont en mesure de les utiliser correctement.
Il faudrait bien sûr préciser clairement sur le terrain et sur un plan le seul itinéraire autorisé pour rallier le restaurant. Mais compte tenu du nombre de domaines skiables, de leur diversité, du nombre également de restaurants concernés, ne peut-on pas craindre de voir naitre des circuits reliant différents restaurants entre eux ? Et finalement dans ce cas la loi permettrait de créer des circuits de balade en chenillette avec pause restauration...
Quand on connait le pouvoir d’achat très élevé d’une partie de la clientèle concernée, est-ce que nous n’allons pas voir apparaître une flotte de taxi-motoneige chargée de conduire les clients impatients de rentrer ou de rejoindre différents établissements nocturnes ? Uber ou Bla-Bla car vont pouvoir développer de nouvelles « applis »... Formidable non ?
Décidément cet amendement est un mauvais coup de plus porté à l’espace montagnard ! Alain Machet
Vivre en Tarentaise.