Micro ou pico électricité en Tarentaise

A Damien Perry,

Président du comité de Bassin versant.


Monsieur le Président,


Nous avons bien reçu la synthèse des différentes études entreprises au sujet de la gestion de l’eau en Tarentaise que vous nous avez transmis, et nous vous en remercions.

Nous nous permettons de vous soumettre une première suggestion concernant le développement de l’hydroélectricité dans notre bassin.

Comme vous le savez sans doute, différents projets de micro- centrales sont à l’étude sur les quatre cantons de Tarentaise. D’après nos informations, il semble même que les communes soient démarchées systématiquement.

Beaucoup de personnes s’accordent pour constater que notre vallée est largement équipée dans ce domaine. Très peu de ruisseaux ou de torrents ont encore un débit naturel. Les différentes études entreprises au cours de l’élaboration du contrat de bassin nous paraissent confirmer ce constat.

Le contrat de rivière en cours d’élaboration se doit  de garantir le bon état des rivières et des milieux aquatiques. Il en va de la préservation de notre patrimoine naturel et de la biodiversité en général.


La Tarentaise qui produit aujourd’hui une puissance  supérieure à celle d’un réacteur nucléaire grâce à l’hydroélectricité, n’a-t-elle pas aussi le devoir de conserver en l’état les derniers ruisseaux qui n’ont subit encore aucun aménagement ?

Avant de nous prononcer sur tel ou tel projet, il nous paraît souhaitable que l’on présente en comité de bassin  les différents projets envisagés afin qu’une « image » globale  puisse être fournie aux différents acteurs et leur permette d’arrêter une position.


Notre vallée a négligé jusqu’à aujourd’hui un potentiel diffus, mais non négligeable en matière d’hydroélectricité. Il s’agit des conduites d’eau potable d’une part, et d’autre part des canalisations d’eaux usées.

La plupart des captages d’eaux sont situés en altitude. Les derniers réalisés par exemple à Bourg Saint Maurice au dessus du fort de la Platte ou encore dans la vallée des Sapieux présentent un dénivelé important. En supprimant les buses de remise à la pression atmosphérique, il est possible de placer au pied de chaque conduite une pico centrale (lubrifiée à l’huile alimentaire). Les exemples sont nombreux à ce jour dans les Alpes. Nous proposons donc qu’une réflexion soit menée par l’APTV pour explorer ce gisement. Il existe des sociétés spécialisées dans ce type d’installation.

Les stations d’épuration de Tarentaise sont pour la plupart en fond de vallée : Bourg Saint Maurice, Bellentre, Aime, Le Bois, Bozel….Elles reçoivent les eaux usées de nos stations qui sont au moins 800m plus haut en altitude. A la suite d’un dégrillage, il est possible d’exploiter cette chute pour produire de l’électricité. Là aussi, il nous semblerait intéressant de faire procéder à une petite étude pour déterminer la faisabilité de telles installations en Tarentaise.


En espérant que vous voudrez bien nous faire savoir quelle suite sera réservée à nos propositions, nous vous adressons, Monsieur le Président, nos sincères salutations.


Alain Machet