Courrier à Air Rhône Alpes Réseau ATMO du 7 janvier 2017


Monsieur le Directeur,

Notre association est membre depuis de nombreuses années de la structure de surveillance de la qualité de l’air dans les Régions Alpines. Elle attend depuis longtemps la mise en place de capteurs permanents permettant de suivre l’évolution de la qualité de l’air en Tarentaise.

Lire la suite : A quand un suivi de la qualité de l’air en Tarentaise ?


De nombreuses personnes ont remarqué le nuage de pollution qui s’étendait et s’étend encore en Tarentaise.
Quand on parle de pollution, il faut savoir que tous les polluants ne sont pas visibles, loin de là. Ce que l’on perçoit à l’œil dans notre vallée depuis plusieurs semaines résulte de la présence de particules fines émises à la fois par les moteurs diesel et par les chauffages à bois. La contribution des deux sources est probablement du même ordre de grandeur, mais notre vallée ne dispose pas hélas de station de mesures des polluants permettant de nous donner les valeurs exactes des concentrations en produits nocifs pour notre santé. L’association Vivre en Tarentaise demande depuis longtemps, et en vain pour le moment, que des capteurs soient mis en place en Tarentaise.

Depuis des mois des fumées blanches envahissent l’espace situé au dessus du site industriel de Pomblière Saint Marcel. Lors de réunion de la dernière CLIC, il nous avait été affirmé que ces fumées devaient cesser avec l’épuisement d’un additif de mauvaise qualité acheté par la société exploitante du site. D’après les témoignages des habitants de la commune, il semble que les nuisances perdurent.
Un nouvel incident s’est déroulé récemment qui renforce les craintes des riverains pour leur santé.

Une pratique très nocive pour notre santé !

Notre association participe aux travaux des deux CLIS de Tarentaise. Les analyses des fumées émises par les incinérateurs sont toujours examinées de façon attentive lors de nos réunions et cela parait indispensable. Les émissions de dioxine de l’incinérateur de Gilly ont faire couler beaucoup d’encre et ce à juste titre. De nombreux animaux ont dû être abattus au grand désespoir des éleveurs concernés.

Nous constatons avec une certaine surprise que de nombreux éleveurs de Tarentaise brûlent chaque jour des restes de foin plus ou moins imprégnés de déjections animales. Ces pratiques se déroulent quelles que soient les conditions météos, de jour comme de nuit. Si bien qu’il est fréquent d’observer des nuages de fumées toxiques à proximité des exploitations. L’air devient rapidement irrespirable et nombre de personnes sont inconscientes des quantités de molécules néfastes émises (en particulier des dioxines).

Notre association avait réclamé il y a environ cinq ans la création d’une commission d’information (CLIC) sur ce site classé Sévéso II. Cette CLIC s’est réunie fin octobre et s’est poursuivie par une réunion publique houleuse.
Au cours de la CLIC, les responsables de l’usine ont reconnu le largage de quelques kilogrammes de chlore à 3 reprises en deux ans. Nous avons fait état des odeurs de chlore régulièrement perceptibles de Villette à Moutiers depuis des années. Il n’y a pas d’enregistreurs en dehors des environs immédiats de l’usine. Il parait que ce gaz est détectable à des concentrations très faibles par certains nez. Conclusion : à VeT nous avons du flair, c’est bien connu !