Le mot du président

Chers amis, nos préoccupations malheureusement, restent toujours les mêmes : gestion des engins motorisés, des eaux usées, ressource en eau potable, protection des sites et du caractère de notre vallée. A travers notre participation à différentes commissions, nous tentons de favoriser la mise en place de transports en commun, les économies d’énergie, le développement du tri sélectif. Il devient crucial de se pencher aussi sur « les économies en matière d’espace ». En effet, il paraît très difficile de répondre aux besoins de logements et à la demande de sites pour installer des entreprises, tout en préservant les espaces nécessaires au maintien de l’agriculture et au caractère de nos paysages. Comme les risques naturels restreignent notablement les surfaces urbanisables, peut on continuer à construire des maisons individuelles en Tarentaise ? A quoi ressemblera cette vallée lorsque tout le fond de la cuvette aura été comblé par les lotissements ou les zones artisanales ? Parallèlement, certains de nos élus continuent de raisonner en terme de croissance et de bétonnage perpétuels. Les projets de constructions de lits touristiques sont légions…
On peut malgré tout relever quelques signes encourageants : les réunions sur la gestion du foncier organisées par l’APTV vont dans le bon sens, un développement timide des transports en commun est évoqué en direction des stations de ski, les économies en matière d’éclairage public commencent à attirer l’intérêt de quelques communes, quelques barrières ou panneaux d’interdiction ont été posés pour empêcher la circulation des motos. Tout cela est bien  insuffisant bien sûr et tous ces petits germes devront être démultipliés. Nous rappellerons que la Tarentaise compte 40 000 habitants, que 130 d’entre eux soutiennent régulièrement VET et qu’une dizaine de personnes la font fonctionner  au mieux….Alors n’hésitez pas à nous rejoindre et à participer à la vie de l’association. N’oubliez pas également, qu’il est difficile pour nous d’avoir l’œil sur un territoire aussi vaste. Il est donc indispensable que nos adhérents nous informent des problèmes constatés….
Bonne lecture !
Alain Machet

Lettre aux candidats députés.
Madame ou Monsieur,
L'association Vivre en Tarentaise œuvre depuis 30 ans pour la protection de la nature en Tarentaise. A ce titre elle participe à de nombreuses instances participatives (CLD, CLIS, Comités Consultatifs des Réserves Naturelles, Commission des sites , Commission départementale de gestion des déchets,  etc... ). Elle dépose régulièrement lors des enquêtes d'utilité publique,  se pourvoit en justice dans des affaires liées à la protection de l'environnement  et relaie des campagnes nationales de pétitions ou d’information..
Vous avez choisi de vous présenter aux élections législatives dans notre circonscription. Nous souhaiterions savoir quelles sont les mesures législatives concrètes que vous et la formation politique que vous représentez avez l'intention de proposer ou de soutenir lors de la prochaine législature dans les domaines qui nous tiennent à cœur.
1- Aménagement de l'espace montagnard et gestion des infrastructures touristiques:
La plupart des analystes s'accordent pour estimer que le marché des sports d'hiver est arrivé à maturité. Malgré tout les stations de ski continuent à faire de la surenchère en artificialisant toujours plus la montagne et les maires continuent à délivrer autorisation de travaux et permis de construire.
Quelles mesures pour protéger les espaces naturels non encore aménagés ?
Etes vous favorable au classement des sites emblématiques de Tarentaise ? (vallée du clou ,de la Petite Sassière, Vallée des Chapieux et secteur des cinq lacs) ?

2-       Circulation des véhicules à moteur et loisirs motorisés:
Ces pratiques troublent la tranquillité des autres usagers et sont un encouragement au gaspillage des ressources énergétiques.
Quelles mesures pour limiter le développement des loisirs motorisés ?

3-       Occupation de l'espace:
Chaque commune veut avoir sa zone artisanale, sa zone commerciale. Chaque ménage rêve d'avoir sa maison individuelle.
Quelles mesures pour limiter l'emprise de ces aménagements sur les terres agricoles de fond de vallée ?

4- Logement, spéculation foncière:
Notre région attire de nombreux touristes au pouvoir d'achat élevé. La spéculation foncière empêche les ménages aux revenus modestes ou moyens de se loger dans des conditions financièrement acceptables.
Quelles mesures pour permettre au habitants et travailleurs locaux d'accéder au logement ?

5-       Transports:
La dispersion de l'habitat en zone rurale rend difficile la mise en place de transports en commun.
Quelles mesures pour encourager le développement d'alternatives à la voiture individuelle en zone rurale?
De nombreux touristes arrivent par la route en Tarentaise. Cela entraîne des embouteillages, des travaux routiers coûteux et une dégradation de notre environnement.
Quelles mesures pour acheminer les touristes grâce à des transports collectifs ?

6- Déchets:
Les collectivités locales doivent faire face à la collecte et au traitement de quantités énormes de déchets. Les solutions de traitement ont toutes leurs inconvénients. La réduction à la source est une voie incontournable mais n'est pas de la compétence des élus locaux. Seule une politique nationale ou européenne peut obliger les industriels à abandonner les emballages et produits non recyclables.
Quelles mesures pour réduire à la source la production de déchets ?

7-       Ressource en eau :
Notre région peut sembler largement pourvue en eau. Il apparaît pourtant que la demande sans cesse croissante ( eau potable, irrigation, hydro-électricité,  neige artificielle… ) peut mettre en péril les équilibres naturels et la vie de nos rivières.
Quelles mesures pour limiter le gaspillage de l’eau ?,Quels arbitrages entre les différents usagers ?

8- Energies renouvelables :
La quasi totalité des experts s’accorde désormais pour estimer que la consommation des énergies fossiles ne pourra pas continuer dans les conditions actuelles compte tenu de l’épuisement des ressources et des risques que les émissions de carbone font peser sur l’évolution du climat.
Quelles mesures pour inciter aux économies d’énergie et au développement des énergies renouvelables.

9-  Productions agricoles locales :
Le faible coût des transports met en concurrence les productions locales avec des marchandises venant de régions où les contraintes environnementales ou sociales sont différentes. Cette concurrence génère des coûts indirects (pollution liée au transport, accidents, saturation des infrastructures… ) et oblige à soutenir l’agriculture de montagne par le biais de subventions.
Quelles mesures pour rétablir une concurrence « libre et non faussée » ?

10°) Développement quantitatif ou qualitatif ?
L’épuisement de diverses ressources naturelles (pétrole, eau, minerais, terres agricoles) pose de graves problèmes à l’humanité. Il en va de même pour la pollution croissante de l’écosystème terrestre.
Quelles mesures pour concilier l’amélioration nécessaire des conditions de vie de nos compatriotes les plus défavorisés,  le développement des pays pauvres très peuplés et un écosystème déjà trop sollicité ?
Seuls deux candidats ont répondu à ce courrier : Hervé Gaymard et Alexandra Cusey.

Activités juridiques 2006-2007

Les atteintes à l'environnement que nous avons eues à traiter dans le cadre judiciaire jusqu'à aujourd'hui n'ont pas toutes connu des suites positives.
En effet, les affaires mettant en cause des structures importantes, collectivités ou sociétés privées, nous semblent instruites avec moins de célérité que les délits commis par des particuliers.

En premier lieu, l'affaire lamentable de l'incinérateur de Gilly sur Isère, depuis sa fermeture en catastrophe en 2001 et la mise en examen de plusieurs responsables haut placés, la tentative de dessaisissement dont la juge d'instruction a fait l'objet,  puis le non-lieu récemment prononcé à l'égard de la plupart de  ces responsables, verra son aboutissement dans un jugement qui ne met plus en cause que deux prévenus dont l'un est une personne morale. Gageons que ce scandale, dénoncé par les associations longtemps avant la fermeture, aura un épilogue pas trop contraignant pour des décideurs irresponsables. Nous sommes toujours partie civile dans cette affaire.

Dans la catégorie des nuisances qui resteront probablement non sanctionnées, on peut mettre:

une affaire de dépose de surfeurs par hélicoptère (partie civile 13 avril 2004),
une importante pollution par déchets de chantier au village canadien d’Arcs 1950 (partie civile 18 juin 2006),
l'anéantissement d'un espace, dans le domaine de Courchevel, où croissait une plante rare et protégée (horminelle des Pyrénées), sur une surface de plus de 1000 m²,
une infraction commise dans l'alpage de la Davie, commune de Tignes: élargissement et ouverture d'une piste sans autorisation communale et sans autorisation de défrichement (Plainte contre X du        16 novembre 2005),
même infraction aux Chapieux (Bourg Saint-Maurice), dépôt de plainte le 10.1.2006, toujours à l'instruction,

Par contre, nous avons quelques motifs de satisfaction concernant les activités illicites par motoneiges ou autres chenillettes:

suite à un recours gracieux adressé à Monsieur le Maire de Saint- Bon Courchevel demandant le retrait d'un arrêté permettant le convoyage à l'aide d'une chenillette de clients vers un restaurant en dehors des terrains autorisés pour la pratique des loisirs motorisés sur neige, après une intervention du Préfet, ce sont sept arrêtés semblables qui ont été annulés par cette commune.
sur un de ces itinéraires illégaux, l'activité de la Société Chardons Loisirs a été mise en cause par la condamnation, le 21 mars 2007, du directeur de cette société à 1000 € d'amende dont 500 avec sursis, 650 €  de dommages et intérêts à Vivre en Tarentaise et autant à la Frapna Savoie.

à St Martin de Belleville, l'activité motoneiges était basée depuis 1992 sur une autorisation municipale sans valeur légale. Cette activité avait fait l'objet de nombreuses mises en garde et d'incitation à régularisation par les administrations concernées, sans résultat. Les trois sociétés concernées ont été verbalisées au printemps 2006 et leurs dirigeants mis en examen. Après de nombreux renvois,  le Tribunal de Police de Moûtiers, le 16.5.2007:
- a déclaré l'autorisation municipale illégale,
- a condamné chacun des trois dirigeants à une amende de 1000 € avec sursis pour utilisations illégales de motoneiges,
- a condamné deux des dirigeants chacun à une amende de 500 € avec sursis pour publicité représentant un véhicule en infraction,
- a condamné chacun des trois dirigeants à payer chacun à l'Association Vivre en Tarentaise 575€ de dommages et intérêts et autant à la Frapna Savoie.

- Sur les communes des Avanchers et de La Léchère, station de Valmorel, une demande d'autorisation de terrain d'évolution de motoneiges a été déposée fin 2005 pour une superficie totale de 830 ha. Une telle surface étant sans précédent et ne répondant en rien à l'esprit de la loi, les associations, pendant l'enquête publique, ont demandé au commissaire enquêteur d'opposer un avis défavorable à ce projet.  Comme de coutume, un avis favorable a été rendu, malgré les réserves de certaines administrations et des  arrêtés municipaux ont confirmé ce terrain fin 2006.
Sans réponses après un recours gracieux adressé aux deux communes, Vivre en Tarentaise, la Frapna-Savoie et Mountain Wilderness ont  déposé chacune un recours en annulation auprès du Tribunal Administratif de Grenoble....... A suivre.

à noter également:
- 18.4.2007, Tribunal de Police de Moûtiers, moto trial à Tignes,  600 € amende avec sursis plus 100 € pour circulation sans immatriculation, 150 € plus 50 € à Vivre en Tarentaise et autant à la Frapna Savoie, affichage jugement 2 mois en mairie de Tignes.
- 16.5.2007, survol PNV à Val d'Isère, Tribunal de Police de Moûtiers, 1000 € amende avec sursis, 250 € plus 75 € à Vivre en Tarentaise, publication du jugement dans journal local aux frais du condamné

Pas d'autres affaires en cours pour le moment, tant mieux. René Pinck.

Motoneiges sur Valmorel.
Monsieur le Maire, Nous avons été informés de débordements d’engins motorisés (Motoneige et quad ) en période hivernale sur le secteur des Charmettes et Pierre Laron, sis sur la Commune des Avanchers.
Il nous semblait que cette zone à l’écart de toutes remontées  mécaniques était logiquement réservée aux activités naturelles telles que ski de fond , raquettes , randonnées…C’est donc sur ces espaces privilégiés que viennent s’entraîner toutes les  sections sportives BE du lycée et des clubs de montagne voisins.
Ce sont les responsables de ces groupes qui nous ont signalé des débordements motorisés peu respectueux de la réglementation et de la tranquillité de ces pratiquants.
C’est pour nous un triste exemple qui est  proposé à ces jeunes qui viennent découvrir le milieu naturel dans l’effort, le silence et le respect mutuel !
Cet hiver vous avez mis en place un circuit moto-neige sur le secteur de Valmorel et Combelouviére et nous nous rappelons de la volonté que vous aviez exprimé de faire respecter toute la réglementation  lors de notre rencontre à l’enquête publique. Or il s’avère en pratique qu’il n’en est rien. Il apparaît même que la mise en place de ce circuit favorise plutôt les activités mécaniques dans les secteurs avoisinants. Ceci est d’ailleurs une constatation générale que les circuits mis en place sont une vitrine et une incitation  à la pratique sauvage de ces engins.
Pouvez vous nous préciser, Monsieur le Maire, s’il existe une réglementation communale spécifique sur ce secteur forestier et sur d’autres secteurs de votre commune ?
Pouvez vous nous préciser, Monsieur le Maire, quelles mesures vous envisagez de prendre à l’encontre de ces pratiques sauvages et peu respectueuses de l’environnement ?
Nous vous prions, Monsieur le Maire, de recevoir nos salutations les plus sportives.

Motos sur le GR 5
Madame le Maire, Monsieur le Maire, Nous avons le regret de vous informer que plusieurs personnes nous ont signalé que des motos empruntent régulièrement  le GR reliant le chef lieu de Bellentre au village de Valezan. Comme vous le savez, la loi interdit la circulation des engins motorisés sur les sentiers. Ce dernier terme correspond à la plus grande partie de l’itinéraire qui nous intéresse aujourd’hui.
Aussi, nous nous permettons de faire quelques suggestions pour permettre de réduire ces incivilités.
1°) Par le biais des journaux communaux, faire connaître ou encore  rappeler la loi 91.2 du 3 janvier 1991.
2°) Mettre en place une signalétique rappelant l’interdiction de circulation des engins motorisés sur les sentiers.
3°) Faire poser des chicanes en bois en différents endroits stratégiques de façon à empêcher le passage des motos. Si certains secteurs sont fréquentés par du gros bétail, une ou plusieurs barrières basculantes et cadenassées pourraient concilier les intérêts des différents usagers. Dans l’espoir de rencontrer votre compréhension, nous vous adressons Madame le Maire et Monsieur le Maire, nos sincères salutations.

Ce courrier pour une fois n’a pas été inutile puisque des panneaux d’interdiction ont été posés sur le tronçon de la commune de Bellentre.

Héliski en Tarentaise.
Le lecteur sera peut être surpris d’apprendre que cette pratique pourtant interdite en France depuis longtemps est malgré tout monnaie courante dans nos grandes usines à ski. En effet, il suffit de se faire transporter par les remontées de mécaniques de la Rosière au col du Saint Bernard pour pouvoir en toute légalité contourner l’interdiction française en se faisant déposer en hélicoptère à quelques mètres de la frontière, mais du côté italien…
Quelques guides français usent et sans doute abusent de cette possibilité pour arrondir leurs fins de mois.
Souvent pour éviter de se fatiguer en poussant sur les bâtons ou en portant les skis, ils se font reprendre avec leurs clients au pied des pentes par un aéronef.
Depuis quelques temps on propose aussi à des groupes qui descendent vers les villages de la combe des Moulins en raquettes depuis la Rosière d’être repris en hélicoptère pour remonter dans la station….
Les associations de protection de la nature qui a priori partagent beaucoup de valeurs avec les guides, ont du mal à comprendre ce comportement de quelques uns qui porte atteinte au caractère de nos montagnes. Est-ce ainsi que l’on va restaurer l’image de la pratique sportive dans les Alpes ? Est-ce bien cela le « wilderness »? Où est le goût de l’effort ?  Ce privilège réservé aux plus fortunés qui peuvent se payer l’accompagnement et le transport en altitude ne peut qu’exacerber les  jalousies et brouiller toutes les campagnes destinées à relancer le tourisme doux en montagne.
Le silence n’est-il pas l’une des qualités les plus recherchées par nos visiteurs ? La pollution sonore nuit évidemment autant au randonneur présent et dépité  lors de ces fameuses déposes ou  reprises qu’à la faune locale qui n’a pas été consultée comme d’habitude. Comment un professionnel de la montagne, capable à priori d’effectuer de grandes courses dans un milieu difficile,  peut-il infliger un tel spectacle à ceux qui fréquentent la montagne à pied ? Qui peut vraiment accepter aujourd’hui que les ultimes paysages de haute montagne,  voués à la contemplation perdent ainsi leur magie ?
A l’heure où il semble important que chacun se mobilise pour réduire sa consommation d’énergie, comment peut-on demander des efforts à tous si certains se comportent comme des cumulards de l’effet de serre : dépose ou transport depuis l’aéroport le plus proche en hélico, locations de quads,  ou déplacement en gros 4x4 etc…
N’est-il pas temps pour nos amis guides, mais aussi pour les écoles de ski ou encore les offices du tourisme  de réfléchir à un code de bonne conduite pour préserver, voire restaurer, cet  « outil de travail » que constitue   le milieu montagnard avec ses derniers espaces vierges ?
Faut-il se résigner à voir la Tarentaise uniquement fréquentée par des personnes dont le portefeuille est bien garni et dont les préoccupations en matière d’environnement ne semblent pas évidentes? A M Mars 2007

Altisurface des Chapelles.
Madame, Nous nous permettons de vous rappeler les termes du courrier que nous avions adressé il y a déjà 6 ans à vos services au sujet de l’altisurface du Dôme de Vaugelaz, situé sur la commune des Chapelles.
Ce site est un des plus fréquentés de Tarentaise par les randonneurs à ski : c’est une promenade sans danger, site d’initiation pour la découverte de cette pratique ou d’entraînement lorsque les conditions de neige sont délicates ailleurs.
Depuis quelques années de nombreux randonneurs en raquettes le fréquentent également.
Il se trouve que l’endroit est également utilisé par des avions de tourisme qui viennent y effectuer des exercices d’atterrissage et décollage. Certaines matinées, un ou deux avions se posent puis redécollent plusieurs dizaines de fois, occasionnant un désagrément sonore évident ainsi que des risques en matière de sécurité, les aterrissages-décollages se faisant à proximité du sommet où se reposent les randonneurs, et au niveau d’un replat traversé par ceux qui continuent en direction du Grand Châtelet. Les nuisances sonores sont perçues également dans plusieurs hameaux du versant du Soleil.    Vous savez que notre association milite contre l’utilisation d’engins motorisés à des fins de loisirs, symbole du gaspillage des énergies fossiles et de l’inconséquence de certains comportements vis à vis des enjeux climatiques. Il reste peut-être utile que des personnes puissent malgré tout passer leur brevet de pilote, en espérant qu’ils sauront en faire un usage responsable : à notre connaissance toutes les opérations aériennes de secours ou travaux en montagne se font  en hélicoptère et non par avion.Dans le cas du Dôme de Vaugelaz il faudrait au minimum qu’une réglementation vienne préciser les conditions et les horaires d’utilisation de l’altisurface : pas d’atterrissages entre 10h et 14 h, pas d’atterrissages pendant les week-ends.En espérant qu’il ne faudra pas attendre un accident pour que les pouvoirs publics organisent mieux l’utilisation de cet espace.Merci de bien vouloir nous au courant des suites que vous pensez donner à notre requête. Dans l’attente je vous prie d’agréer, Madame le Sous-Préfet, l’expression de nos salutations respectueuses.

Suite à ce courrier, le Maire des Chapelles nous a sollicité pour une demande de subvention afin d’installer un panneau d’information à destination des randonneurs….La sous préfecture lui avait demandé suite à notre courrier de veiller à la sécurité  d’organiser une concertation entre les différents acteurs….D’où un nouveau courrier à cet élu…

Monsieur le maire, nous répondons avec un peu de retard à votre courrier du 23 avril 2007 concernant le financement d’un panneau d’information sur l’utilisation de l’altisurface du Dôme de Vaugelaz (délibération du C.M. en date du 11/04/2007). Comme vous vous en doutiez probablement, nous n’envisageons absolument pas de participer financièrement à une telle information.
Il nous semble évident que toute dépense liée à l’usage de cette altisurface devrait être intégralement supportée par ses utilisateurs qui sont à l’origine des nuisances et non par les victimes ( les randonneurs ) ou les contribuables, selon le principe du pollueur-payeur.
Comme vous pouvez vous en douter également, nos associations ne s’estimeront pas pour autant définitivement satisfaites par la simple pose d’un panneau qui ne constitue qu’un « parapluie » vis à vis des problèmes de sécurité mais ne règle évidemment pas ceux du bruit et du gaspillage des ressources énergétiques que nous continuons à dénoncer.
Nous regrettons que vous n’ayez pas jugé utile d’organiser une concertation afin de réglementer de façon plus stricte l’utilisation de ce site. Veuillez agréer Monsieur le Maire l’expression de nos salutations distinguées.


Déposition de Vivre en Tarentaise à propos du projet de retenue colinéaire d’Arc 2000.

La station des Arcs souhaite réaliser une retenue colinéaire d’altitude afin d’alimenter un réseau de canons à neige. La capacité de cette retenue serait un peu supérieure à 400 000 m3 et aurait une surface de 45 500 m². Une digue de plus de 15 m de haut sur 200m de long serait construite.
Il s’agit bien sûr pour la station de se prémunir un peu plus contre l’évolution climatique qui fait que l’enneigement semble de plus en plus aléatoire.
Avant toute chose, il faudrait peut être se demander pourquoi on en arrive à cette situation. L’aggravation de l’effet de serre est provoquée en grande partie par la consommation excessive de produits pétroliers. Il s’agit bien sûr d’un phénomène planétaire. Les pays occidentaux, dont la France, ont leur part de responsabilité dans cette aggravation. La Tarentaise elle aussi en porte une part …En effet chaque week end, 200 000 à 300 000 personnes transitent sur les routes de la vallée. Nombre de ces personnes sont d’origine étrangère et utilisent l’avion pour approcher notre massif. Discours « d’écolo intégriste » diront certains ! Mais il suffit de se reporter au numéro 1530 du journal « La Savoie » du 5 janvier pour constater que la qualité de l’air dans notre vallée est à la limite des taux acceptables de pollution durant 30% du temps…
Les stations de Tarentaise dont celle des Arcs utilisent énormément d’énergie pour le chauffage des logements, pour le damage des pistes, pour le fonctionnement des remontées mécaniques et pour fabriquer de la neige de culture. La compagnie des Alpes consomme annuellement 90 GW.H d’électricité: 58% pour les remontées mécaniques et 14% pour la neige artificielle.
Cette introduction paraîtra sans doute hors sujet à certains lecteurs. Elle pourrait s’appliquer à presque toutes les stations de ski évidemment. Mais il s’agit d’une question qui nous interpelle tous dans nos comportements. En effet le tourisme d’hiver, qui nous fait vivre, contribue à augmenter l’effet de serre et les stocks de déchets nucléaires. N’est-il pas temps au moins d’acheminer les touristes en bus ou en train au lieu de dépenser des sommes folles dans un réseau routier inutile durant une grande partie de l’année ?

Le développement envisagé de l’urbanisme.
On note page 33 du dossier que la consommation actuelle d’eau pour la neige artificielle est de 200 000m3. Il s’agit souvent d’eau potable et la gestion de cette ressource est délicate. D’autre part, on apprend que des extensions de lits touristiques sont envisagées sur les trois sites des Arcs.
A l’heure ou nombre de personnes sont interpellées par les risques qui planent sur l’économie de la vallée, on est surpris de constater qu’aux Arcs, on pense encore à la croissance !
Il est de notoriété publique que l’espace en Tarentaise est limité. Il est difficile de rénover des lits « froids ou banalisés » tant qu’il apparaît des lits nouveaux… Les embouteillages sur la RN 90 font la une des grandes chaînes de télévision. Les stations d’épuration de la vallée en saison touristique sont largement dépassées par les flots d’eaux usées à traiter. On va chercher de l’eau potable de plus en plus loin pour répondre à la demande des résidences de luxe. L’évolution climatique pointe son nez avec insistance. La concurrence d’autres destinations se fait pressante. Des « délocalisations » sont en cours (avec évidemment autant de problèmes environnementaux)…
Différents lecteurs nous accuseront encore une fois d‘être hors sujet.  Mais, cette retenue colinéaire n’est en fait  qu’une fraction d’une vaste machine dont il est permis de penser qu’elle est parfois sans pilote.


On vit bien en Tarentaise aujourd’hui. Il y a eu dans le passé et il y aura sans doute à l’avenir des hivers avec peu de neige. L’évolution climatique qui justifie au moins en partie le projet évoqué aujourd’hui devrait conduire nos responsables à stopper d’urgence le développement des nouvelles urbanisations touristiques et à réfléchir à une réorientation du tourisme en Tarentaise. Mais à la lecture du dossier on constate qu’il n’en est rien. Et si le réchauffement climatique rendait ce projet complètement inutile ?
Une charte de développement vient d’être adoptée par les élus de Tarentaise. Son axe premier fait de l’environnement une priorité ! Il est bien évident que cette réalisation aura un impact paysager non négligeable. Mais ce paysage a été tellement remodelé que cela n’apparaît plus comme une priorité sur ce site. On déplacera une population de grenouilles rousses (milieu humide de 2000m²) figurant sur la liste nationale des espèces protégées, même si la loi restreint à priori ce genre d’opération. Est-ce qu’une étude a permis de conclure que ce transfert permettrait la survie de ces batraciens ? Le ruisseau de Pissevieille sera asséché un peu plus en hiver aux dépens de la vie aquatique. Il est répété à plusieurs reprises dans le dossier qu’il n’y a pas de poissons dans ce dernier cours d’eau. Comme si la vie aquatique se limitait aux poissons.

Et si la digue venait à céder ?
C’est évidemment la question qui vient immédiatement à l’esprit. On note qu’une vidange rapide nécessiterait quand même 10 jours ! La lecture des documents montre que ce projet date de plusieurs années et que de nombreuses études géologiques, hydrauliques et nivologiques ont été menées pour aboutir à la mouture actuelle. Il faut espérer que les services de l’Etat ont bien fait leur travail car  les comptes-rendus annexés ne sont pas aisément compréhensibles pour le commun des mortels.
On lit page 22 qu’un drain collectera les eaux ayant réussi à circuler sous les membranes qui vont être mises en place au fond de la retenue. Le paragraphe concernant l’origine des dolines et leur influence sur la stabilité de l’édifice envisagé n’est pas bien clair. On note page 112 que des failles feront l’objet d’études dont les résultats seront connus sans doute dans plusieurs années…
En ce qui concerne les séismes, on apprend page 114 que l’ouvrage a été prévu pour résister à des accélérations de 0,1 « g » alors que des séismes de 0,08g sont possibles sur le site. La marge paraît bien mince…
Enfin page 115 on envisage le risque de surverse par suite d’une avalanche exceptionnelle dans le lac. La surveillance régulière du lac et une vidange partielle en cas de très grosse chute de neige devrait répondre à ce risque. On retient malgré tout, la prudence de l’auteur de ces lignes qui avance que les phénomènes exceptionnels sont relativement imprévisibles. Il est vrai qu’une grande partie de la population tarine vit sous le lac du Chevril.


Le remplissage multiple de la réserve.
La retenue sera remplie une première fois en période de fonte des neiges, mais comme les « besoins » sont estimés à 700 000 m3, il sera nécessaire de recourir soit à l’eau du torrent de ¨Pissevieille , soit aux captages d’eau potable d’Arc 2000 en période creuse pour aboutir à deux autres remplissages. Il y aura donc un impact négatif sur la vie aquatique. On constate que la puissance des pompes nécessaires pour refouler l’eau en altitude sera de 355 kw et 22 kw ou bien de deux fois 200KW. Encore une opération coûteuse énergétiquement qui nous renvoie à notre introduction…

Les transferts d’un bassin versant vers l’autre.
Sur les 700 000 m3 d’eau prélevés sur le bassin d’Arc 2000, seuls 172 00 seront utilisés sur cette vallée. Le reste soit 75% sera transféré sur le versant d’Arc 1600 ou 1800. Quel impact ce transfert pourra t-il avoir sur le régime de crue des ruisseaux du versant ?  Cette question n’est pas négligeable.(Les résultats de l’étude envisagée seront connus après la fin des travaux). En effet, il faut savoir que suite au développement de l’urbanisme et au  nivellement des pistes de ski, les crues torrentielles des torrents des Villards, du Saint Pantaléon, de Preissaz se sont notoirement aggravées depuis 15 ans. La dégradation des lits de ces cours d’eau est telle que des travaux d’envergure et pour un montant de l’ordre de 12M€ sont nécessaires. Les collectivités locales n’ont pas pu à ce jour les  financer.
On note que la SMA est prête à investir 7,2M€ dans le projet de retenue colinéaire. D’autre part, l’enneigement artificiel d’un hectare de piste reviendrait à 152 000 euros (site des Arcs) et nécessiterait 25 000kW.H  chaque année (site de Mountain wilderness). Il est question de prévoir l’enneigement de 138 ha ou 152ha en comptant Villaroger. La station des arcs possède actuellement 11 enneigeurs à turbine à 38 000 € pièce et 60 canons à perche pour 12 000 € l’unité. Tous ces chiffres laissent le néophyte un peu rêveur …


Le chantage à l’emploi.
Une grande partie du personnel de la station a été priée de déposer favorablement. Un appel du même genre est lancé sur le site internet de la station. Si la retenue n’est pas réalisée tout le monde va se retrouver au chômage ! C’est faux car 40% des personnes qui viennent séjourner en station ne font pas de ski !

En conclusion, qu’est ce qui serait raisonnable ?
Actuellement la station est capable de fournir 200 000 m3 d’eau pour l’enneigement artificiel. Le dernier Noël a été particulièrement pauvre en neige et la fréquentation a rarement été aussi bonne…D’après la population locale les pistes étaient malgré tout skiables. Bien sûr il faut puiser dans les réserves d’eau potable, mais si l’on abandonnait ces projets délirants d’extensions touristiques, il est probable que le statut quo  ne serait pas catastrophique. Dans ce cas des travaux coûteux en argent, en énergie, en effet de serre ne seraient pas nécessaires. Aucun risque ne planerait sur la tête des habitants de Longefoy ou du village canadien…
Il faut aussi envisager que d’autres activités sont possibles en montagne : le ski de fond, la raquette, la peau de phoque, la marche à pied. La découverte du patrimoine local. Il n’y a pas besoin de beaucoup de neige pour cela.
Des sommes considérables pourraient être consacrées à la valorisation du patrimoine local ou à la stabilisation des torrents du versant des Arcs. Vivre en Tarentaise espère que la raison l’emportera pour réorienter le dossier vers une réduction très importante de la capacité envisagée.
Si comme nous le craignons, un avis favorable devait être donné, il serait surprenant qu’il ne soit pas assorti de conditions stipulant la fin du développement quantitatif de l’urbanisme sur les trois sites des Arcs et le financement par la CDA des travaux de stabilisation des cours d’eau.
Enfin, compte tenu de la consommation énergétique très importante associée aux sports d’hiver, il parait indispensable que toutes les stations, dont celle des Arcs évidemment, présentent un plan ambitieux d’économies d’énergies : transports en commun à longue distance pour l’acheminement des touristes, mise en place de centrales solaires photovoltaïques,  pose de capteurs solaires thermiques pour chauffer partiellement les logements, développement des pompes à chaleur associées à des forages géothermiques. L’énergie électrique qui  est massivement utilisé en montagne pour le chauffage serait ainsi mieux utilisée.
Au nom de l’association, le président Alain Machet    

Comment des eaux usées des stations de Tarentaise parviennent en Maurienne !
Madame la Sous-Préfète, nous avons appris de différentes sources qu’une partie des eaux usées de la commune de Saint Martin de Belleville est déviée en permanence dans une canalisation EDF alimentant le lac de la Coche au dessus de Moutiers. Une convention a certainement été établie entre la commune de Saint Martin de Belleville et EDF mais ce point est à vérifier. Dans tous les cas, il apparaît incroyable qu’une telle situation dure depuis des années.
Il nous paraît évident que les ouvrages hydroélectriques n’ont pas vocation à accueillir des eaux usées, qui plus est en quantité massive. La commune de Saint Martin supporte l’une des plus grosses stations de ski de Tarentaise. Nous sommes  amenés à constater une fois de plus que des moyens financiers ont pu être mobilisés pour construire des résidences hôtelières ou des remontées mécaniques, mais que pour l’épuration des eaux usées cela n’a pas été possible…. Bien sûr d’autre communes sont dans la même situation : Courchevel, Champagny, Pralognan, Vallandry, Peisey, Sainte Foy, Villaroger … La liste est longue hélas !
Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, il faut reconnaître que le procédé d’évacuation est assez original puisque l’on utilise le réseau souterrain d’EDF pour conduire de fil en aiguille la pollution en Maurienne. Nos amis et voisins seront sûrement ravis d’apprendre comment on peut gérer les eaux usées en Tarentaise. Notre vallée était déjà connue pour exporter ses déchets ménagers dans la Drôme, mais qui savait qu’elle exportait ses eaux usées vers l’Arc ? La pollution dont la rivière est la victime aujourd’hui, suite aux travaux d’entretien d’EDF, était évidemment prévisible. (Un débit de 100 L/s d’eaux usées dans une rivière à l’étiage…)
Nous savons qu’un contrat bassin versant est en cours d’élaboration en Tarentaise.
Il faut souhaiter qu’il puisse répondre le plus rapidement possible aux besoins qui à l’évidence sont énormes et traités jusqu’à aujourd’hui un peu à la légère par nos responsables de tout poil. Différentes études ont été menées pour inventorier les sources de pollution aboutissant dans nos cours d’eaux. Nous ne sommes pas sûrs que celle-ci ait bien été identifiée. Il est clair qu’il serait intéressant de savoir si d’autres canalisations EDF sont détournées ainsi de leur vocation initiale. Si convention il y a, quelle est dans ce cas sa valeur juridique ?
Enfin, d’après nos informations, un tuyau d’eau potable alimentant la commune de Moutiers emprunterait également cette canalisation EDF, celui-ci présenterait des fuites. On ne peut dans ce cas écarter l’hypothèse d’une migration progressive des micro-organismes vers l’eau potable. Ce point mérite à notre avis une attention particulière puisqu’il peut impliquer un risque sanitaire.
Nous conclurons ce courrier  en espérant que les services de l’Etat, feront tout leur possible afin que les collectivités de Tarentaise assument leurs responsabilités en matière d’eaux usées dans les délais les plus courts. Nous ne pouvons nous empêcher de jeter un regard consterné sur les arguments avancés par nos prestigieuses stations de ski pour venter leur politique en matière d’environnement. Est-ce bien  cela que l’on appelle la certification ISO 14001 ? En espérant pouvoir compter sur votre détermination, nous vous adressons, Madame la Sous-Préfète, nos salutations les plus respectueuses. A M

Déchets.
Dioxine à Valezan.                                                                                          
Madame la Sous-Préfète, nous vous remercions d’avoir bien voulu nous communiquer le compte rendu de la dernière CLIS de l’UIOM de Valezan en Tarentaise.
D’après ce document, il apparaît qu’un prélèvement gazeux a été effectué le 30 mars 2006 et qu’une dépression dans le four survenue le 15 avril a entraîné l’arrêt de l’usine. Les résultats des analyses n’ont été connus que le 23 mai. Durant cette période différents travaux ont été effectués sur les refroidisseurs et les manches des dépoussiéreurs ont été remplacés.
Nous avons bien noté qu’après la fin des travaux une nouvelle analyse a été réalisée et qu’elle montre que les taux de polluants émis par l’installation sont revenus dans les normes actuellement autorisées.
Cependant, il nous paraît probable que cette usine a fonctionné durant plusieurs mois en émettant trois fois plus de dioxine que les valeurs légales. Il aura fallu attendre un problème de fonctionnement pour que l’arrêt du four soit effectué. Il nous paraît donc indispensable d’augmenter la fréquence des prélèvements et des analyses effectués sur les émanations gazeuses de cette unité d’incinération.
D’autre part, les taux d’arsenic dans le sol semblent relativement élevés et il semble nécessaire d’en éclaircir l’origine.
De plus le temps écoulé entre le prélèvement et la publication des résultats des analyses apparaît bien long. Ce délai ne peut-il être ramené à une valeur plus raisonnable ?
Enfin nous nous permettons de vous rappeler respectueusement notre courrier de l’année passée concernant les conditions dans lesquelles sont effectués les prélèvements dans les fumées de l’usine. Nous regrettons vivement que cette lettre  soit demeurée sans réponse et nous nous interrogeons sur le lien éventuel entre un taux élevé de dioxine et un charbon actif remplacé trop peu souvent. Nous vous prions de trouver ci-joint une copie de ce courrier et d’un texte émanant de l’APPEL.
Nous vous adressons, Madame la Sous-Préfète, nos salutations les plus respectueuses. AM

A la suite de ce courrier, nous avons reçu une réponse de la sous préfecture : elle nous confirme que les responsables de l’usine sont prévenus avant les prélèvements gazeux servant à déterminer les taux de dioxine. Il semble que le ministère de l’environnement n’envisage pas d’augmenter la fréquence des analyses pour les incinérateurs (2 par an pour les dioxines). Par contre, nous avons appris qu’un contrôle inopiné devrait être effectué sur cette installation. D’autre part, les dates de changement des filtres au charbon actif devront être consignées régulièrement de façon à pouvoir vérifier si ces modifications ont lieu ou non avant les analyses. D’autre part, la présence d’un taux élevé d’arsenic autour du site devra être mieux cernée….

Suivi du plan départemental de gestion des déchets.
Vivre en Tarentaise dispose d’un siège dans cette commission départementale.    
La moyenne départementale de recyclage des déchets ménagers est de 19%. Le canton d’Aime et la CCVA atteignent cette moyenne en Tarentaise. Tout le reste du territoire est en dessous de cette valeur….Le simigeda a un taux de tri supérieur à 19%. Le taux de tri en vue du recyclage est de 44%, mais à cause du mauvais tri le taux de recyclage n’est que de 19%... Le taux de collecte en vue du recyclage a progressé de 2,5% en 2006.
Il y a 50 déchetteries en Savoie (76 400 tonnes de déchets collectés). 69% des apports sont valorisés.
259 000tones de déchets ont été collectés en Savoie en 2006 et 38 000 tonnes ont été recyclées
Il reste 144 600 tonnes de déchets « résiduels ». La production de déchets a progressé de 0,4% en 2006
La quantité de déchets non recyclés a donc baissé de 2%... L’opération abandon des sacs en plastique a évité de distribuer 390 tonnes de sacs en 2006.
30 décharges ont été réhabilitées sur 381 répertoriées…Il y a un déficit en CET 3 en Savoie. Chaque installation doit faire l’objet d’un arrêté préfectoral.  Le problème des déchets des professionnels reste entier.
La communauté urbaine de Chambéry a mis en place la « redevance spéciale » sur les déchets pour les professionnels. Cela s’est traduit par une amélioration nette du recyclage et l’opération a  été bien acceptée par les entreprises concernées.
L’évolution actuelle de la production de déchets et la mise en place du recyclage montrent que les rédacteurs du plan départemental semblent avoir été pessimistes : la production de déchets augmente beaucoup moins que  prévu et par ailleurs on recycle « mieux » que prévu aussi….
Le ministère de l’environnement vient de publier une circulaire limitant la quantité de déchets non recyclés par habitant. Elle devra être de 250Kg/an et par ha en 2010. On est à 290Kg cette année en Savoie. Au rythme actuel la Savoie n’atteindra pas cet objectif.
Cependant, les objectifs du plan départemental en terme d’évolution du recyclage sont atteints ou dépassés. (Ils n’étaient pas très ambitieux)
Les efforts proposés lors de la réunion doivent porter sur la prévention, sur l’amélioration de la collecte en vue du recyclage et sur la mutualisation des équipements existants.
A la question posée par un écolo de Tarentaise sur l’état du compostage individuel et sur la collecte des fermentescibles, il est répondu qu’il n’existe aucune collecte en ce sens. 17% de l’habitat pavillonnaire serait pourvu de composteurs individuels…
Un élu de Chambéry ou de sa banlieue insiste sur les marges de progression en matière de fermentescibles. Il est favorable au tri biomécanique qui permettrait de récupérer 60% de la fraction fermentescible. Lorient aurait adopté ce procédé. Mais le compost produit serait de qualité moyenne, à moins que de nouveaux procédés à l’étude permettent de transformer directement cette fraction fermentescible en pétrole vert…
D’autre part, il informe l’assemblée que suite à la mise en place d’un nouveau four à Chambéry, cette unité d’incinération est ou risque d’être bientôt en surcapacité de l’ordre de 20 à 25 000 Tonnes par an.
Cette unité pourrait donc accueillir la partie « non recyclable » des déchets collectés autour d’Albertville.
D’où un nouveau débat sur la mutualisation des différents équipements. Cela imposerait de modifier les statuts des différents syndicats de traitement et de collecte. Le Conseil Général y est manifestement favorable. Reste à convaincre les collectivités locales. Plusieurs allusions à la Tarentaise qui viserait l’autarcie…Aucun élu de cette vallée n’est d’ailleurs présents hélas…
La normalisation des couleurs des containers pour la collecte des déchets est abordée et semble t-il souhaitée par nombre d’acteurs.
En ce qui concerne l’écoparc, il est rappelé que l’Etat a indiqué que l’utilisation de la zone de Tournon à des fins économiques était incompatible avec un centre de traitement des déchets. Les élus concernés semblent pessimistes au sujet de ce projet et craignent une explosion du syndicat simvallée…
L’enlèvement de la fraction fermentescible des déchets ménagers modifierait la combustion dans les incinérateurs et entraîne des travaux sur ces dispositifs … On saura tout ! N’est ce pas pour cette raison que l’on traîne les pieds ?
Il s’agit de ce que j’ai compris. Alain Machet juin 2007

Action auprès des écoles.
Nous avons relayé l’opération nationale intitulée : semaine de déduction des déchets. Nous nous sommes procurés le matériel d’exposition et des plaquettes de sensibilisation sur le thème du tri sélectif, des badges stop pub etc.
Puis nous avons proposé ces expositions très intéressantes à quatre gros  établissements scolaires de la vallée. Nous essayerons de faire encore mieux l’année prochaine.

Stagiaires de Vivre en Tarentaise.
Nous sommes sollicités souvent pour des demandes de stages au sein de l’association. En général les écoles refusent de nous confier des stagiaires car nous n’avons ni local ni personnel permanent. Il est vrai aussi qu’il nous est difficile de les encadrer au jour le jour. L’année passée nous avons néanmoins fait travailler un étudiant breton  en bac +1 sur les paysages de Naves durant quatre semaines. Une étudiante de Valmorel en licence sur l’idée d’une maison de la flore et de la faune en Tarentaise. Elle a pu rencontrer de nombreux acteurs grâce à nos contacts et a rédigé un mémoire sur ce thème. Ce document  intéressant est un recueil d’avis et d’expériences. Il mériterait d’être approfondi. Nous en avons confié un exemplaire à l’APTV.

Bruit : lettre au Président de la République.
Monsieur le Président,
Nos associations œuvrent sans relâche depuis plus de trente ans à la protection de la nature sous tous ses aspects.  En partenariat constant avec un grand nombre d’associations nationales ou locales, elles tentent notamment, depuis toujours, de limiter les nuisances liées à l’essor continu des pratiques de loisirs motorisés. Les débordements sont encadrés, en principe, par la loi 91.2 du 3 janvier 1991.
Dans le cadre du futur « Grenelle de l’environnement », par la voix des représentants de la Fédération France Nature Environnement (FNE), la CALME (Coordination nationale pour l’adaptation des loisirs motorisés à l’environnement) devrait présenter différentes propositions pour mieux gérer ces pratiques motorisées.
Par la présente et devant l’urgence, nos associations tiennent à attirer votre attention, Monsieur le Président, sur un problème particulièrement aigu : il s’agit du bruit engendré par ces pratiques, qu’elles soient licites ou illicites. Il est en effet de notoriété publique qu’un nombre anormalement important de ces engins circulent avec des silencieux « trafiqués » ou hors normes. Leur cylindrée est le plus souvent nettement supérieure à la valeur d’origine.
Ainsi, dans les rues de nos villes et de leurs banlieues, à la campagne, sur nos littoraux, des milliers de personnes sont agressées quotidiennement, jusque dans leurs heures de repos, par les émissions sonores de ces machines.
Ces nuisances dénoncées à chaque enquête nationale comme les plus insupportables par une majorité écrasante de nos concitoyens parce que contraire à leur aspiration au calme, au silence et à la santé, sont à l’origine de conflits d’usage de plus en plus fréquents et violents. Vous comprendrez, Monsieur le Président, que nos associations s’en inquiètent.  

En attendant que, conformément à nos vœux, un coup d’arrêt significatif soit donné par la loi à la promotion publicitaire, la commercialisation et aux pratiques de loisirs motorisés terrestres, nautiques et aériens, nous pensons faire notre « métier de citoyens » en suggérant :
la définition d’un seuil unique de niveau sonore tolérable autorisé
l’obligation d’une double immatriculation (avant et arrière) de tous les engins motorisés terrestres et nautiques    
un contrôle technique obligatoire et périodique de l’échappement et du niveau sonore.
un soutien efficace à la mise en place de brigades d’intervention spécialisées destinées à intervenir prioritairement dans les espaces naturels sensibles et les côtes et rivages de notre territoire.
En 2001, un groupe de travail du Ministère de l’Environnement avait travaillé sur ce sujet. Il avait avancé une série de propositions qui avaient suscité l’intérêt des associations de protection de la nature  (document joint en référence). Les années ont passé et, comme trop souvent, faute d’une volonté politique suffisante, ces vertueuses intentions n’ont été suivies d’aucun effet.  
Nous apprécierions que vous imposiez dans ce domaine l’une de ces ruptures attendues avec impatience par nombre de nos concitoyens ?
En espérant que vos services voudront bien s’attaquer à ce fléau avec volontarisme, nous vous adressons Monsieur le Président, nos salutations les plus respectueuses.

Témoignage d’un saccage aux Cinq lacs.
Monsieur le Maire, dimanche 19 novembre, je suis allé me promener aux cinq lacs au dessus du fort 2000. A cette altitude, une première couche de neige avait recouvert en partie le relief. Dès la première barrière située après le fort, j’ai pu constater que trois motos s’étaient faufilées entre les blocs sensés empêcher le passage des engins motorisés. Les traces aussi bien dans la boue que dans la neige se prolongent jusqu’au col de Forclaz et hélas bien au-delà.. En effet, malgré la pente, la neige et le relief rocheux, les trois compères n’ont pas hésité à entreprendre la descente vers le ruisseau situé en contrebas. Le vallon est strié de traces dans toutes les directions.
Le ruisseau dans lequel les saumons de fontaine ont sans doute déjà pondu a été foulé sans scrupules. En fait il apparaît que les trois motards ont eu le plus grand mal à remonter et manifestement les engins ont été poussés ou portés jusqu’au col après une multitude de tentatives infructueuses.  Les marques dans la neige se poursuivent jusqu’à une éminence qui surmonte le lac Esola. Là, la course s’arrête, sans doute à cause de la couche de neige.
Je n’avais pas ce jour là emporté d’appareil photo, mais j’espère que l’on voudra bien me croire sur parole. Si je prends la peine de vous écrire, Monsieur le Maire, c’est que ces comportements scandaleux et parfaitement illégaux se sont déjà manifestés à plusieurs reprises au même endroit. Différents témoins pourront vous le confirmer. J’ai eu l’occasion d’observer l’année passée, des traces d’engins sur l’arête menant à la tête Nord des Fours dans la vallée des Chapieux. Cet itinéraire (absolument illégal bien sûr)  ne semble pas à la portée du premier motard venu. Ce constat m’amène à penser qu’il existe à  Bourg Saint Maurice ou dans les communes voisines un groupe de motards techniquement très habiles et coutumiers de ce genre « d’exploits ». Ces personnes sont sans doute très faciles à identifier pour ceux qui appartiennent au cercle très restreint des amateurs de sports motorisés.
Malheureusement l’habileté de ces trois individus ne semble pas s’accompagner d’un sens civique très aigu. La loi a été bafouée en toute connaissance de cause. Le respect des autres et de l’environnement en général ne semble pas non plus faire partie de leurs priorités.
Monsieur le Maire, comme vous le savez, différentes réflexions sont menées depuis plus d’un an pour tenter de dessiner un avenir pour notre vallée de Tarentaise. Dans ce cadre j’ai participé au printemps dernier à une réunion rassemblant différents « utilisateurs » du milieu naturel : forestiers, accompagnateurs, randonneurs, cyclistes, chasseurs et …loueurs de motos !  Au cours de ce débat, j’ai tenté d’esquisser les grandes lignes d’un compromis envisageable pour un meilleur partage de l’espace : quelques itinéraires autorisés à des motos relativement silencieuses et un strict respect de la loi ailleurs !  Ce jour là toutes les personnes présentes semblaient pouvoir s’accorder sur ce point. Si je prends la peine de m’expliquer longuement, c’est pour montrer qu’en faisant preuve d’ouverture, mais aussi de cohérence et de fermeté, il est peut être possible de préserver un espace à chacun.
La commune de Bourg Saint Maurice s’est engagée dans  une démarche de valorisation du site des cinq lacs et de la vallée des Chapieux. L’association Vivre en Tarentaise a volontiers participé à différentes réunions. Lors de chacune le sujet qui nous intéresse aujourd’hui a été évoqué. Les animateurs de ces rencontres ont même suggéré la mise en place d’une navette desservant le fort 2000 pour limiter le trafic motorisé sur la piste d’accès.
Je ne sais pas où nous mèneront toutes ces réunions, je souhaite pour ma part, qu’elles contribuent au maintien du caractère de notre vallée et par là favorisent le retour des touristes qui ont cherché refuge ailleurs..
Il est bien évident, Monsieur le Maire,  que vous ne pouvez pas disposer à l’année un policier municipal au fort 2000. Mais des contrôles ponctuels sont possibles. Il en va de même pour la mise en place d’une signalétique. Il est facile aussi d’informer clairement le citoyen de base sur la loi 91.2  par le biais du journal municipal. D’autres communes l’ont déjà fait et ce à plusieurs reprises. Pourquoi pas à Bourg Saint Maurice ? Cette commune compte deux stations services, il serait donc aisé d’y repérer les engins non immatriculés ou exagérément bruyants. Les gendarmes pourraient aussi intervenir à ce sujet à votre demande. Pourquoi ne pas entreprendre des contrôles du niveau sonore ?
Monsieur le Maire, j’espère par la présente lettre provoquer un sursaut communal afin de  préserver la qualité de vie de nos concitoyens qui constitue l’un des axes de la charte de développement de la Tarentaise venant d’être adopté par les élus de la vallée.     Dans l’espoir de rencontrer votre compréhension, je vous adresse Monsieur le Maire, mes sincères salutations.
Suite à ce courrier une plainte a été déposée…et on ne peut pas dire que la situation ait beaucoup évoluée sur cette commune…


Ballade en quad au Mont Jovet ?
Messieurs les Maires de Bozel et Feissons sur Salins, Nous réagissons avec retard à l’organisation cet été d’un rassemblement de quads au refuge du Mont Jovet. Ce courrier s’explique en partie par les réactions négatives des habitants du village de Feissons qui nous ont été transmises.
Cet évènement s’inscrit hélas dans le long cortège du développement des sports mécaniques. Depuis de longues années, notre association s’inquiète de cette évolution. Il est bien évident que la circulation d’un grand nombre d’engins motorisés dégrade considérablement le cadre naturel dans lequel elle se déroule. Les nuisances sonores associées portent atteinte à la qualité de vie des habitants permanents, mais refoulent aussi les touristes à la recherche, dans leur très grande majorité,  du calme et du silence.
Selon les articles publiés dans l’été par le journal «  La Savoie », l’air de nos montagnes, n’est pas toujours aussi pur qu’on pourrait le penser, notamment à  cause de la pollution à l‘ozone. L’actualité évoque à juste titre le Grenelle de l’environnement et les problèmes climatiques. La division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre est un objectif qui doit s’imposer à tous pour la survie de l’humanité. Chacun à  sa place doit s’interroger sur les mesures propres à limiter la consommation d’énergie. A ce titre, l’usage des carburants à des fins des loisirs en milieu naturel nous paraît devoir être prohibé. Il s’agirait évidemment d’un symbole car la contribution des sports mécaniques à l’effet de serre est sans doute minime.
Le tourisme constitue l’essentiel de l’activité économique de la Tarentaise.  La part du tourisme d’été décroît régulièrement. Cela est sans doute du à un ensemble de facteurs. Mais il paraît clair à nos yeux que la montagne ne doit pas être dénaturée, si elle souhaite continuer d’accueillir des randonneurs. Notre vallée doit donner l‘exemple en matière d’écocitoyenneté et de préservation de ses paysages.
Aussi, nous nous permettons de formuler deux suggestions :
1°) Au nom du maintien du caractère de nos paysages, ne pourrait-on pas renoncer à  l’organisation de rassemblements d’engins motorisés sur des pistes d’alpage.


2°) Dans le cadre d’une réflexion sur le développement de la mobilité douce en Tarentaise, ne serait-il pas envisageable de réglementer fortement la circulation sur la piste d’accès au refuge du Mont Jovet. Le gérant du refuge, pourrait peut être effectuer quelques navettes à l’aide d’un minibus pour faciliter l’accès du refuge aux personnes à mobilité réduite.
En espérant que vous voudrez bien prendre en compte nos propositions, nous vous adressons, Messieurs les maires, nos sincères salutations.

Biodiversité en forêt.
A l’initiative de l’APTV et de VET, une conférence sur la biodiversité en forêt a été organisée le vendredi 19 octobre à Centron. Une quarantaine de personnes ont pu assister à l'exposé de Benoît Dodelin, docteur en écologie et auteur de nombreuses publications sur le bois mort en forêt et la vie qui lui est associée.
Les végétaux sont à la base des systèmes vivants puisqu’ils sont seuls à pouvoir utiliser directement l’énergie solaire pour fabriquer la matière organique grâce à la photosynthèse. Mais les autres formes de vie sont tout aussi indispensables pour permettre le recyclage de cette matière et sa transformation en éléments minéraux également nécessaires à la vie des plantes.
Le fait que des arbres meurent fait partie intégrante du cycle de vie de la forêt. Une part importante de la diversité biologique dépend de la décomposition du bois mort par des insectes, des champignons ou des bactéries qui sont des maillons essentiels des chaînes alimentaires. De nombreux oiseaux et petits mammifères dépendent de la vie qui se développe dans les arbres morts ou utilisent les abris que constituent les arbres creux.
Le récent regain d’intérêt pour le « bois-énergie » ne doit pas faire oublier que les branches mortes ou abandonnées après une exploitation forestière sont nécessaires au maintien de la fertilité du sol et ne doivent pas être systématiquement enlevées.
Contrairement à une idée traditionnellement répandue, le bois mort n’est donc ni «sale» ni dangereux pour la santé des forêts. Les pullulations de certains insectes ( scolytes, chenilles…) peuvent avoir des inconvénients économiques ou paysagers, mais il est désormais reconnu que la présence de bois mort n’est pas un facteur aggravant.
Tout en exploitant raisonnablement le bois, matériau et source d’énergie renouvelable, il est également important de préserver des arbres en fin de vie et même des parcelles forestières non exploitées qui constituent une formidable réserve de la diversité que nous avons le devoir de transmettre aux générations futures.

Charte du Parc national de la Vanoise.
Une nouvelle loi sur les parcs nationaux entre en vigueur. La zone périphérique devient une zone d’adhésion (facultative…) Une charte précisant les engagements des communes volontaires doit être rédigée. Elle le sera par une nouvelle instance dénommée conseil économique, social et culturel. Nous avons été sollicités pour participer aux travaux de cette nouvelle commission. Nous avons accepté. Des communes qui n’appartenaient pas à la défunte  zone périphérique pourront signer la nouvelle charte et prétendre à la mention « Commune du PNV ». Il est possible aussi que très peu de collectivités souscrivent à ce document qui reste à écrire. Il devra être validé par les maires actuels si les travaux avancent rapidement et par les futurs élus ensuite…

Celliers.
Le télésiège initialement prévu s’est transformé en télécabine. Le départ de cette remontée a été déplacé à Celliers d’en bas.
L’impact paysager ne devrait pas être beaucoup plus important. Le bureau d’étude chargé d’effectuer l’étude paysagère nécessaire au classement du site devrait être choisi rapidement. Il aura à rendre sa copie d’ici neuf mois. Cette étude portera sur tout le massif et ensuite un périmètre de classement sera proposé aux élus…

Eau en bouteille.
La France est le pays du monde où la consommation d’eau en bouteille est la plus importante. Cela se traduit par une consommation de pétrole nécessaire à la fabrication et au transport des bouteilles. Mors de l’incinération celles qui sont en PVC favorisent l’émission de gaz chlorés et de dioxines dont les effets sur l’organisme sont pour le moins inquiétants. L’eau délivrée dans notre pays est pourtant potable partout. Le recours à l’eau en bouteille s’explique le plus souvent par le goût chloré, ou la présence jugée excessive de calcium ou encore de nitrates. Dans ce cas pourquoi ne pas recourir à un pichet filtrant qui élimine le goût d’eau de javel et fait baisser notablement les taux de calcaire ou de nitrate. On trouve ces pichets dans les grandes surfaces avec des cartouches de rechange pour le filtre. On peut aussi en trouver par commande sur internet, par exemple sur le site de la FRAPNA : www.frapna.org.

Chauffe eau solaire. Dans notre région son usage est en pleine progression. 4m² de panneaux associés à un ballon de 250 litres suffisent pour une famille de quatre personnes. L’investissement initial est remboursé en 4 à 5 ans environ. De nombreux artisans en Tarentaise sont compétents désormais dans ce domaine. Alors pourquoi pas vous ?

Toit photovoltaïque. Les installations de ce type sont également en train de se multiplier. Il faut compter entre 15 et 20 m² de panneaux pour produire l’électricité d’une famille de quatre personnes. (Sans chauffage électrique et sans production d’eau chaude électrique bien sûr). Le temps de retour est de 8 à 9 ans compte tenu des réductions d’impôt et des primes proposées par les collectivités territoriales. On peut donc devenir producteur l’électricité et revendre cette énergie à EDF à un tarif garanti par l’Etat.

Vivre en Tarentaise et le nucléaire.
Très récemment, la position de Vivre en Tarentaise vis-à-vis du nucléaire m'a semblée être plus ou moins remise en cause. C'est pourquoi, en ces temps où la tendance au consensus va quelquefois jusqu'au reniement, je pense nécessaire de préciser les positions qui ont été jusqu'à présent les nôtres.    
La création d'une association de défense de l'environnement enTarentaise a été suscitée en 1976 par des demandes de permis de recherche d'uranium sur les communes d'Aime, de Bellentre, de Champagny, de Bozel, puis ensuite à St-Martin de Belleville, à Celliers et Doucy, à Ste-Foy et Tignes, et aussi dans le Beaufortin, en Maurienne et dans le Briançonnais.
L'expérience et l'aide d'associations du Morvan et du Limousin ont permis de nombreuses réunions d'information dans les communes concernées, mettant en lumière les dangers de contamination radioactive et chimique des travailleurs, des habitants, des visiteurs, de la première chaîne du nucléaire, la plus difficile à confiner.
L'accident de la centrale nucléaire de Tree-Miles Island causant, dans de nombreux pays, notamment aux Etats-Unis, l'arrêt ou de forts ralentissements de l'équipement électro-nucléaire, l'uranium devenant subitement moins rare et moins cher, a provoqué l'abandon (provisoire?) des projets d'ouverture de nouvelles mines en France. Gageons que l'opposition vigoureuse de la population et des élus n'y est pas pour rien.    
Pas de mines d'uranium en Tarentaise, mais ailleurs? ou nulle part? ... et les centrales?..  et l'enrichissement?..  et les déchets et installations à démanteler laissées aux populations à venir?..
On ne pouvait pas s'opposer à l'uranium en Tarentaise sans se poser des questions sur le nucléaire. Nous avons donc résolument fait cause commune avec les associations qui s'opposent à cette filière qui éblouit beaucoup de monde par son très grand potentiel énergétique, immédiatement consommable, mais qui génère des nuisances encore plus grandes qui  seront elles, pratiquement définitives.
Conséquence du nucléaire en Tarentaise: à Ste-Foy, aux Allues, à St-Martin de Belleville, des projets de très grands barrages hydrauliques remplis l'été à l'aide de l'électricité produite en excès et turbinés l'hiver lors des périodes de pointe. Ces installations démesurées, au rendement incertain, auraient infligé les plus graves dommages à nos montagnes, sans compter de nouvelles lignes à très haute tension pour transporter l'électricité consommée puis produite. Ce danger est provisoirement écarté, un peu peut-être par nos actions, sans doute par les énormes investissements induits par ces bricolages gigantesques.
Entre 1983 et 1989, son noyau de responsables réduit à l'extrême, Vivre en Tarentaise était inactive. C'est à ce moment que furent construites, pour livrer en Italie l'électricité produite  en excès, de nouvelles lignes à Très Haute Tension qui défigurent nos vallées, en particulier le Versant du Soleil. Je ne dis pas que nous aurions pu empêcher, ou limiter, ces atteintes aux paysages. Les actions que nous avons menées en 1990 pour l'enterrement de ces lignes à proximité des agglomérations n'ont pas eu de résultat, encore que la mise sous terre de la moyenne tension se généralise; les associations n'y sont pas pour rien.
Aujourd'hui, trente ans après les écologistes, on découvre enfin qu'il y a de très graves problèmes d'environnement. Tout le monde ne parle plus que d'énergies renouvelables, mais la France est en queue de peloton dans la conception, la fabrication, l'utilisation des équipements nécessaires. Et pourquoi?..  Tout simplement parce que pendant tout ce temps, sans jamais demander l'avis des gens, on a tout misé sur le nucléaire, souvent à pure perte (Superphénix), et on continue (EPR à Flamanville, des milliards pour ITER, à Cadarache, qui fonctionnera un peu, peut-être, dans quarante ans!)
Le nucléaire génère également une politique commerciale extrêmement dangereuse: le nucléaire civil est l'antichambre du nucléaire militaire: la France a permis, fidèle en cela à sa tradition de marchande d'armes, à de nombreux pays (Irak, Pakistan, Chine, Israël, ente autres) de s'équiper. Et tout récemment, de façon totalement irresponsable, on propose la même chose à la Libye de Khadafi !

Il faut vraiment choisir:
- d'un côté le développement de toutes les énergies propres, solaire thermique, solaire électrique, éolien, biomasse naturelle,etc....sans oublier le gisement énorme qui existe dans une consommation maîtrisée et responsable,
- d'un autre côté l'énergie nucléaire: gigantisme et fragilité des installations et des réseaux, extrême dangerosité des effluents et des déchets, contaminations irréversibles (le plutonium perd la moitié de sa radioactivité en 24000 ans).

Si la Tarentaise ne semble pas, hors accident majeur dans la vallée du Rhône, directement exposée à ces périls, nous nous devons d'être solidaires des populations et des associations qui  les affrontent de plus près et de les soutenir  dans la mesure de nos moyens.
C'est pourquoi, Vivre en Tarentaise, association géographiquement située dans l'arrondissement d'Albertville mais pas seule dans le monde, est résolument pour l'abandon progressif de l'énergie nucléaire et pour le développement des énergies compatibles avec la vie sur terre.   René Pinc